Par Ilyass Chirac Poumie
La réaction d’Elimbi Lobe, publiée dans les heures suivant l’annonce du décès d’Anicet Ekane, a suscité une vive onde de commentaires au sein du microcosme politique camerounais. Dans une sortie au ton abrupt, il s’en est pris frontalement aux prises de position entourant la disparition du militant de gauche, rejetant avec force toute tentative d’attribuer ce décès à un manque de prise en charge médicale ou à des responsabilités politiques extérieures.
Selon lui, il est « faux » de présenter un extracteur d’oxygène comme un médicament capable d’éviter la mort, et il juge incohérentes les explications avancées par certains proches. Il estime qu’un malade n’aurait pas dû, selon ses termes, s’engager dans des activités susceptibles de provoquer une arrestation ou une confrontation avec les autorités.
Elimbi Lobe accuse par ailleurs le défunt d’avoir participé à des manœuvres politiques qu’il qualifie de « désorganisatrices », citant l’investiture de Maurice Kamto, des épisodes de rivalités au sein de l’opposition ou encore un rapprochement supposé avec Issa Tchiroma. Il évoque aussi ce qu’il considère comme des « trahisons » envers l’opposant Djeukam Tchameni, tout en laissant entendre l’existence de connexions avec certaines personnalités gouvernementales.
Pour lui, les réactions tentant de faire du pouvoir un responsable indirect du drame relèvent de la « fabrication d’un bouc émissaire ». Sa sortie, brutale et sans concessions, divise profondément l’opinion : certains y voient une parole crue mais assumée, d’autres dénoncent une absence totale d’empathie dans un moment de deuil.
Anicet Ekane, figure de la gauche panafricaniste et ancien cadre du Manidem, est décédé dans un contexte de tensions internes à l’opposition, marqué par des débats sur les alliances et les positionnements politiques. Les réactions à sa disparition ont révélé de profondes fractures idéologiques. Elimbi Lobe, connu pour son franc-parler, intervient régulièrement sur l’actualité politique camerounaise et se place en critique des stratégies qu’il juge contre-productives pour l’opposition.
