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Cameroun | Élimination des violences faites aux femmes et aux filles: Le plaidoyer de la coalition Afrique centrale

Ce jeudi, à l'occasion de la semaine internationale des droits des femmes, la coalition Afrique centrale a construit, à Yaoundé, un mouvement d'actions pour mettre fin à la violence à l'égard des femmes et des filles dans deux pays d'Afrique centrale (Cameroun et République centrafricaine).

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Par Serge Aimé BIKOI

Des organisations membres de la coalition d’action pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles en Afrique centrale se sont réunies à la fondation Muna à Yaoundé. C’était dans le cadre d’une conférence régionale organisée par Nouveaux droits de l’homme(Ndh). À cette occasion, elles ont appelé à la ratification des instruments de l’Union africaine sur l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles. Durant la conférence publique, la coalition Afrique centrale a lancé une campagne régionale de plaidoyer pour la ratification rapide de la convention sur l’élimination des violences faites à ces catégories sociales. Cette coalition souhaite, à cet effet, mobiliser les gouvernements, les parlements nationaux, les institutions régionales et les partenaires internationaux afin de faire de la ratification et de la mise en œuvre de cet instrument une priorité. Ont participé à l’élaboration du document de 200 pages des universitaires dont le Pr Christelle Kamgang, Juriste, qui décline l’objectif du travail accompli. “L’objectif principal de la convention 2025 est de prévenir les violences faites aux femmes et aux filles, les éliminer et protéger cette couche de la population contre ce phénomène et surtout appliquer les sanctions contre les auteurs de ces violences”.

S’agissant des recommandations faites à l’endroit des institutions, elles sont stratégiques, opérationnelles pour chaque type d’acteurs clés investi dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles “Pour le gouvernement, il faudrait qu’il adopte une loi qui protège exclusivement les femmes et les filles contre tout type de violences. Prévoir aussi les mécanismes de suivi des lois qui sont consacrées à la protection des filles et femmes contre ces fléaux. Pour les acteurs non étatiques, l’objectif est de proposer des recommandations pour renforcer le plaidoyer et prendre des mesures dans le cadre de la prévention des violences faites aux femmes et aux filles, l’élimination et la prise en charge des survivantes de ce phénomène”, ajoute Christelle Kamgang.

En substance, il est question de ratifier, de toute urgence, la convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard de la fille et de la femme, d’adopter une loi spécifique de criminalisation de ces violences, renforcer la formation des magistrats sur les violences faites aux femmes et aux filles, mettre en place les mécanismes de protection de ces catégories victimes et envisager la mise en place d’un cadre inclusif de coordination incluant toutes les parties prenantes.

La coalition Afrique centrale appelle, au demeurant, les gouvernements des pays d’Afrique centrale à engager, dans les meilleurs délais, les procédures nécessaires pour ratifier la nouvelle convention de l’Union africaine et à prendre les mesures nécessaires pour assurer sa mise en œuvre collective. Aux parlements nationaux, la coalition appelle à soutenir les processus de ratification et à veiller à l’adoption de lois conformes aux engagements régionaux en matière de protection des femmes et des filles. Les institutions régionales et les partenaires internationaux sont appelés à accompagner les Etats dans la mise en œuvre de cette convention et à soutenir les initiatives visant à renforcer les mécanismes de prévention, de protection et de justice. Quant aux organisations de la société civile, elles sont appelées à poursuivre leurs efforts de documentation, de surveillance et de plaidoyer afin de contribuer à la production de données fiables et à la promotion de politiques publiques fondées sur des preuves.

En rappel, de manière générale, l’analyse situationnelle des violences faites aux femmes et aux filles au Cameroun et en République centrafricaine révèle une prévalence élevée de ces violences, exacerbée par les inégalités de genre et les structures sociales existantes. En 2024, près de la moitié (44%) des femmes camerounaises âgées de 15 à 49 ans ont déclaré avoir subi au moins une forme de violence basée sur le genre. Une étude du ministère de la Promotion de la femme et de la Famille(Minproff) montrait déjà en 2023 que 52,6% des femmes en union ont subi des violences domestiques ou conjugales, une femme sur trois a déjà subi des violences physiques, 42% des femmes ont subi des violences émotionnelles, 38% ont été victimes des violences sexuelles, les pratiques culturelles néfastes telles que les mutilations génitales féminines (1,4% au niveau national et 20% dans les zones foyers) et les mariages précoces ou forcés (36%) résistent dans certaines régions du Cameroun.

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