Par Sandra Embollo
La controverse autour de l’exclusion de Miss Bonambela, jeune candidate issue d’un père Sawa et d’une mère Bamiléké, prend une nouvelle dimension avec la décision du Canton Akwa de se retirer de la phase finale du concours Miss Ngondo. Dans un communiqué publié le 27 novembre 2025, la Cellule de communication du Canton Akwa exprime sa
« profonde gratitude » envers ceux qui ont soutenu Miss Bonambela, mais annonce qu’après « mûre réflexion », le Canton « se voit contraint de ne pas participer » à la suite de l’élection.
Ce retrait, présenté comme un acte de cohérence interne et de respect pour la « dynamique » du canton, est largement interprété comme une conséquence directe de l’exclusion controversée de la candidate. Pour de nombreux internautes et leaders d’opinion, la décision du Ngondo a ouvert une brèche dangereuse, actant un repli identitaire aux effets déjà visibles.
Sur les réseaux sociaux, l’indignation demeure massive. Le texte de Nana Ouandji, qui dénonce un peuple « qui rejette ses propres enfants », continue d’alimenter la colère. Elle accuse le Ngondo d’abîmer la culture au lieu de la célébrer, et alerte sur la propagation d’idées tribalistes qui fragilisent la cohésion nationale. Alex Gustave Azebaze s’interroge : que doivent comprendre les Camerounais engagés pour le multiculturalisme ? Comment continuer à défendre les mariages mixtes si leurs enfants peuvent être publiquement exclus ?
La sortie du Canton Akwa, mesurée mais ferme, renforce l’impression d’un malaise profond. Tout en réaffirmant son attachement au Ngondo et aux valeurs sawa, le canton reconnaît implicitement la gravité de la situation et la déception ressentie par ceux qui ont « porté haut les couleurs de Miss Bonambela ». Le retrait, sans rompre avec l’institution, marque un désaveu clair de la manière dont la compétition a été conduite cette année.
Pour beaucoup, la polémique dépasse désormais le cadre du concours. Elle cristallise une inquiétude nationale face à la montée du tribalisme et à l’érosion progressive du vivre-ensemble. La peur est palpable : si même les symboles culturels deviennent des instruments d’exclusion, quel message transmettre aux jeunes générations ?
Le Ngondo, célébration majeure du peuple sawa, consacre chaque année un concours de beauté symbolique. En 2025, l’exclusion d’une candidate métisse a suscité une polémique sans précédent, ravivant le débat sur l’appartenance culturelle et les dérives identitaires. Le retrait du Canton Akwa intervient dans un contexte déjà tendu, marqué par des précédents récents — notamment l’affaire du Ngonfo des Akwa — et une inquiétude croissante face à la normalisation d’attitudes tribalistes dans l’espace public camerounais.
