Par Armand Soussia
Dans le Logone-et-Birni, la journée a été marquée par un épisode de forte tension lorsque le sous-préfet et le commandant de brigade se sont rendus dans la localité pour demander aux populations de rouvrir leurs commerces, en opposition au mot d’ordre de villes mortes. Leur intervention a rapidement tourné à l’hostilité. La foule, visiblement déterminée à maintenir la paralysie, s’est violemment retournée contre les autorités locales.
Alors que le sous-préfet tentait de convaincre les commerçants, des habitants en colère ont commencé à le pourchasser. Le véhicule de commandement a été caillassé par les manifestants, et le chef de terre n’a dû son salut qu’à une fuite précipitée, échappant de justesse aux projectiles lancés vers lui.
Dans le même temps, à Goudoume-Goudoume, plusieurs commerces ont été saccagés et pillés pour n’avoir pas observé les villes mortes. Les destructions se sont déroulées sous les yeux de gendarmes pourtant mobilisés pour protéger les boutiques restées ouvertes, accentuant le sentiment de chaos local.
Le mot d’ordre de villes mortes, lancé pour trois jours à partir du 30 novembre, a été largement suivi dans plusieurs localités du Nord et de l’Extrême-Nord. En toile de fond : un climat sociopolitique tendu, nourri par les contestations, les appels à la mobilisation et la tenue des élections régionales. Les incidents de ce dimanche illustrent le bras de fer entre populations mobilisées et autorités administratives cherchant à maintenir l’activité économique.
