Par Joël Onana Avec Camfoot
Ceux qui se targuaient d’être venus aux affaires. pour s’assurer de l’incorruptibilité des structures sont pris à mal. On se souvient, au coeur de la crise qui a emporté Blatter et Platini, que Gianni Infantino s’était fait le chantre de l’exemplarité. Désormais grugé par le pouvoir, il couvre tous ceux qu’il combattait jadis. Et dans ce chapitre, Samuel Eto’o fait dédire à lui tout seul et la Fifs, et la Caf de Motsepe. Cela tient en otage le développement de l’activité du football au Cameroun. Malgré plusieurs tentatives, il se trouve toujours un “loophole” dans les règlements qui permet à Samuel Eto’o de s’en sortir sans égratignure. Les faits qui lui sont reprochés sont hautement documentés sans ue les instances ne s’en saississent. Son premier parefeu est le Comité de discipline et d’éthique de la Fécafoot qui ne laisse prospérer aucune action contre lui. Pour ce qui est des détournements des fonds des matchs amicaux contre la Russie, le Mexique et autres, ce Comité a dit avoir ouvert un dossier contre lui il y a des mois, mais ne bougera certainement pas avant les élections à la Présidence pour lui offrir le temps de se faire élire.
Pris au dépourvu, plusieurs actions en justice coordonnées ont été intentées contre l’ancien joueur emblématique auprès du ministère des Sports, de la Fifa et de la Confédération africaine.
Samuel Eto’o, membre du comité exécutif de la Caf
Samuel Eto’o est considéré par Camfoot.com comme l’un des cinq meilleurs attaquants de pointe de l’histoire du Cameroun. Cependant, sous sa présidence, la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) est confrontée à une profonde crise d’intégrité, avec des accusations qui pourraient détruire son héritage et mettre en péril l’avenir du football national.
Une coalition d’acteurs du football camerounais, représentée par l’avocat international Emmanuel Nsahlai, a engagé des actions en justice coordonnées auprès :
- Du ministère des Sports et de l’Éducation physique du Cameroun (Minsep), exigeant l’application de la loi nationale et une révision des statuts de la Fécafoot
- Le Comité d’éthique de la Fifa à Zurich, demandant des procédures conformes au Code d’éthique de la Fifa, y compris la suspension provisoire d’Eto’o pour conflits d’intérêts présumés, irrégularités financières et manipulation électorale.
- La Confédération africaine de football (Caf), demandant que tous les dossiers soient transmis à la Fifa et qu’Eto’o soit suspendu du Comité exécutif de la Caf pour avoir prétendument dissimulé sa condamnation pénale en Espagne.
Les accusations contre le Président de la Fécafoot
Les principales accusations portées contre Eto’o et sa gestion de la Fecafoot portent sur les points suivants :
- Condamnation en Espagne pour fraude fiscale (22 mois de prison).
- Corruption et possible trucage de matchs.
- Conflit d’intérêts avec la société de paris 1xBet.
- Détournement présumé de 1,5 million de dollars provenant de matchs amicaux (Cameroun-Mexique, Cameroun-Russie, Cameroun-Corée).
- Suspension arbitraire pour 10 ans d’un membre du comité exécutif, Guibai Gatama, afin de faire taire l’opposition.
- Manipulation électorale par le biais de réformes statutaires qui entravent les candidatures indépendantes.
« Ce n’est pas une attaque contre Eto’o »Emmanuel Nsahlai
« Ce n’est pas une attaque contre Samuel Eto’o en tant que joueur. Sa carrière footballistique est intouchable », assure l’avocat Emmanuel Nsahlai. « Il s’agit de sauver la gouvernance du football camerounais afin qu’il représente les valeurs d’excellence, d’intégrité et de fair-play qu’il a lui-même défendues sur le terrain. Mon devoir, en tant qu’avocat et Camerounais, est de lutter pour une fédération au service du peuple, des joueurs et de l’avenir du sport. »
Avec la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, au Mexique et au Canada en ligne de mire, les accusations de corruption, de détournement de fonds et de fraude électorale au sein de la Fécafoot menacent non seulement l’avenir du football au Cameroun, mais aussi la crédibilité internationale de la Fifa et de la Caf. Cette affaire met à l’épreuve la volonté réelle de ces organisations de garantir la transparence et la justice.
