Par Joël Onana
Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, déclare ce 1er mai 2026 au Boulevard du 20 mai à Yaoundé qu’une revalorisation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) est engagée afin d’atteindre un niveau « permettant de vivre décemment ». Cette annonce intervient dans un contexte de fortes attentes sociales, mais reste marquée par l’absence de précisions concrètes sur le montant envisagé et le calendrier d’application.
Actuellement, les niveaux du Smig présentent d’importantes disparités selon les secteurs : 43 969 Fcfa pour les agents de l’État régis par le code du travail, 45 000 Fcfa dans le secteur agricole et 60 000 Fcfa dans les autres branches. Ces montants demeurent largement en deçà des 100 000 Fcfa revendiqués par les organisations syndicales.
Face à la hausse continue du coût de la vie, les travailleurs expriment une réserve croissante quant à la portée réelle de cette annonce. Beaucoup estiment que les promesses faites à l’occasion de la Fête du travail peinent à se traduire en mesures concrètes, alimentant un climat de scepticisme au sein du monde du travail.
La question de la revalorisation du Smig au Cameroun constitue un point central des revendications sociales depuis plusieurs années. Les syndicats dénoncent un décalage persistant entre les salaires minimums et le coût réel de la vie, marqué par l’augmentation des prix des denrées de première nécessité, du logement et des services. Les autorités évoquent régulièrement des ajustements en cours, mais les annonces tardent à se matérialiser, renforçant la défiance des travailleurs à chaque célébration du 1er mai.
