Par Mon’Esse
L’encours de la dette publique du Cameroun était estimé à 15.416 milliards de francs à fin mars, représentant 44,3% du produit intérieur brut (PIB), selon une note de conjoncture publiée vendredi par la Caisse autonome d’amortissement (CAA).
Cette dette enregistre des hausses maîtrisées de 0,2% en glissement mensuel, 4,1% en glissement trimestriel, et 6,0% en glissement annuel, toute chose qui, selon le document, traduit «une gestion prudente et cohérente avec les orientations de la stratégie d’endettement à moyen terme (Sdmt) 2025-2027, qui fixe le plafond d’endettement public à 50% du PIB, en dessous du seuil communautaire de 70%».
La structure de cette dette met en évidence une forte concentration au niveau de l’administration centrale (93,6%), suivie des entreprises publiques (6,2%) et les collectivités territoriales décentralisées (0,2%).
La composition de la dette du pays reste dominée par les emprunts extérieurs, qui représentent 64,5% de l’encours, contre 35,85% pour la dette intérieure, y compris les restes à payer de plus de 3 mois.
S’agissant des passifs conditionnels explicites de l’État constitués essentiellement des partenariats public-privé (PPP), ils sont estimés par la CAA à 4 895 milliards de francs, représentant 14,1% du PIB, un niveau globalement stable depuis plus d’un an.
Au plan de la dette multilatérale, qui s’établit à 4 808 milliards de francs à fin mars dont 1 530 milliards au titre des appuis budgétaires, elle enregistre une progression modérée de 0,6% en glissement mensuel, de 0,3% en glissement trimestriel et une hausse plus marquée de 7,6% en glissement annuel, traduisant la mobilisation continue des financements concessionnels.
La structure de cet encours reste dominée par la Banque mondiale (42,9 %), soit 22,3% de la dette extérieure totale, suivie de la Banque africaine de développement (BAD, 25,5%), soit 13,3% de l’enveloppe total et Fonds monétaire international (FMI), hors allocations de droits de tirage spéciaux, qui concentre 19,7% de cette composante, correspondant à 10,2% de la dette extérieure totale.
Quant à la dette bilatérale, qui s’élève pour sa part à 2 409 milliards de francs, «reflétant une exposition significative à un nombre restreint de partenaires étatiques», la Chine demeure le principal créancier avec 64,9%, soit 16,9%, suivie de la France avec 25,8%, correspondant à 6,7% de la dette extérieure totale.
Fin mars, la dette commerciale du Cameroun, elle, s’établit à environ 2 083,7 milliards de francs, franchissant ainsi le seuil de 2 000 milliards de francs, une évolution traduisant le recours progressif du pays aux marchés internationaux.
Selon la CAA, cette composante est principalement portée par les emprunts contractés auprès d’Afreximbank, qui représentent 26,3% de la dette commerciale, soit 5,9% de la dette extérieure totale.
Quant à la dette intérieure, elle s’élève à 5 125 milliards de francs, alors que l’encours de la dette intérieure de l’administration centrale, hors restes à payer et dette flottante, est estimé à 4 265 milliards, soit 12,3% du PIB.
