Par Arlette Akoumou Nga
Plus de quatre millions d’hectares de terres auraient été transférés ou concédés à des investisseurs étrangers dans le cadre de grands projets agricoles, forestiers, miniers ou d’infrastructures, selon des données compilées par l’initiative internationale Land Matrix. Cette superficie représente près de 8,5 % du territoire national, soit l’équivalent de la superficie totale d’un pays comme la Suisse.
Les données de Land Matrix, une plateforme de référence en matière de suivi des acquisitions foncières à grande échelle, montrent que le Cameroun figure parmi les pays africains les plus concernés par le phénomène des « accaparements de terres » ou des concessions foncières de grande ampleur.
Ces acquisitions concernent principalement les secteurs de l’agro-industrie, de l’exploitation forestière, des biocarburants, de l’extraction minière et de certaines infrastructures. Plusieurs études soulignent que ces projets ont parfois entraîné des tensions avec les communautés locales, notamment en raison de déplacements de populations, de conflits d’usage des terres et de difficultés d’accès aux ressources naturelles.
Le Cameroun est depuis plusieurs années au cœur des débats sur la gouvernance foncière en Afrique centrale. Selon différentes études fondées sur les données de Land Matrix, le pays a enregistré plusieurs dizaines de contrats de concessions foncières à grande échelle depuis le début des années 2000, portant sur plusieurs millions d’hectares.
Toutefois, les classements mondiaux varient selon la méthodologie utilisée et selon que l’on considère uniquement les terres effectivement exploitées ou l’ensemble des accords conclus et annoncés. Certaines études universitaires plaçaient le Cameroun parmi les dix pays les plus affectés par les acquisitions foncières étrangères, sans pour autant le classer systématiquement au troisième rang mondial.
La question de la réforme foncière demeure ainsi un enjeu majeur au Cameroun, où de nombreuses organisations de la société civile appellent à davantage de transparence dans l’attribution des terres et à une meilleure protection des droits des communautés locales.

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