Par Joël Onana
Lors d’une visite officielle dans un hôpital public, le ministre de la Santé du Cameroun a été confronté à une situation révélatrice de la crise que traverse le système sanitaire. Souhaitant rencontrer le chirurgien de l’établissement, il a été informé par le personnel que ce dernier avait déserté son poste pour s’installer au Canada.
Ce départ illustre une tendance de plus en plus marquée au Cameroun, où de nombreux professionnels qualifiés quittent le pays à la recherche de meilleures conditions de travail et de vie. Le secteur de l’éducation est lui aussi durement touché. Selon des sources concordantes, plus de 1.000 enseignants en fonction dans la région de l’Ouest auraient récemment quitté le Cameroun pour la même destination, le Canada.
Ces départs massifs fragilisent davantage des services publics déjà confrontés à un manque criant de personnel, aussi bien dans les hôpitaux que dans les établissements scolaires, suscitant inquiétude et indignation au sein de l’opinion publique.
Depuis plusieurs années, le Cameroun fait face à une fuite accrue de ses compétences, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Faibles rémunérations, conditions de travail difficiles et perspectives professionnelles limitées figurent parmi les principales causes évoquées par les professionnels.
Ce phénomène pose un défi majeur aux autorités, dans un contexte où les besoins en personnel qualifié restent importants pour répondre aux attentes des populations.
