Par Sandra Embollo
À deux semaines du début de la 14ᵉ conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (Omc), prévue du 26 au 29 mars à Yaoundé, les autorités camerounaises finalisent activement les derniers ajustements afin que la ville soit prête à accueillir les acteurs mondiaux du commerce.
Au cours d’une conférence de presse conjointe tenue, jeudi 11 mars, par le ministre camerounais des relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, et celui du commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, le Cameroun a situé à 75 % son niveau de préparation à l’approche de l’événement.
La sortie des deux officiels camerounais intervient une semaine après une réunion d’urgence qui s’est tenue au siège de l’OMC à Genève, le 5 mars 2026. L’hypothèse d’un retrait de l’organisation au Cameroun a été évoquée, même si l’idée a rapidement fait face à l’opposition du groupe africain, avec en tête la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, qui dirige l’organisation. Ces derniers refusent que la rencontre de haut niveau, qui se tient sur le continent pour la deuxième fois seulement, soit délocalisée en Europe.
L’Omc a toutefois acté le principe de choisir Genève comme un plan B. Une délégation s’est notamment assurée de la disponibilité des établissements d’accueil de la ville suisse. Il a également été décidé d’y tenir toutes les commissions préparatoires initialement prévues à Yaoundé, un premier revers pour le pays d’Afrique centrale.
Un test pour le gouvernement
Au cours de ce point sur l’organisation du grand raout du commerce mondial, plusieurs responsables ont manifesté leurs inquiétudes quant au niveau de préparation du pays hôte et sa capacité d’accueil.
Le retard observé au niveau de la livraison du chantier de réfection du Fébé, la deuxième plus grande infrastructure hôtelière de la capitale, l’éloignement entre certains sites et le Palais des congrès, qui doit abriter la conférence, ainsi que les difficultés observées sur le site de délivrance des visas, sont notamment revenus sur la table.
L’organisation de la 14ᵉ conférence ministérielle de l’Omc, un événement qui réunira près de 4 000 participants venus d’environ 160 pays, est un véritable casse-tête pour le Cameroun. Après avoir pâti des conséquences de l’engagement politique de l’ancien ministre du tourisme et des loisirs Bello Bouba Maigari, qui était chargé de la mise à niveau des capacités d’accueil du pays, des acteurs de la société civile camerounaise ont demandé à l’Omc de délocaliser son rassemblement en raison de la répression des manifestations post-électorales par le pouvoir. La tenue de cet événement apparaît pourtant comme un véritable test pour le gouvernement camerounais, qui vante un retour à la normalité après une parenthèse électorale houleuse.
