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Cameroun | Gouvernance : La société publique de recouvrements livrée à des vautours

Le récent rapport de la Chambre des comptes souligne de nombreux cas de mauvaise gestion et de pillage systématique, menés par la direction générale et son conseil d’administration.

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Par Félix C. Ebolé Bola

Le résultat net consolidé de la Société de recouvrement des créances (Src) a été déficitaire à hauteur de 2,12 milliards de francs entre 2018 et 2022, selon le rapport de la Chambre des comptes de la Cour suprême consulté vendredi par la rédaction.

Pour les exercices 2018, 2020 et 2022, détaille le document, cette entreprise publique a enregistré des pertes successives de 545 millions, 619 millions et 1,068 milliard de francs, et ce en dépit des résultats positifs enregistrés au cours des exercices 2019 et 2021.

La Chambre des comptes a relevé diverses irrégularités et insuffisances portant notamment sur l’absence de stratégie de la Src, le rôle de sa tutelle (le ministère des Finances), la gestion des indemnisations et des ressources issues de recouvrement et des liquidations ainsi que sur la gestion du personnel.

De plus, souligne le document la Src, dans son rôle de liquidateur, «ne connait pas la situation exacte des dettes à payer des entités en liquidation», et souffre de «l’absence de certification des états financiers des liquidations ouvertes par un expert-comptable».

La Src, martèle la juridiction, ne procède pas systématiquement au reversement, dans les caisses du Trésor public, des sommes recouvrées dans le cadre des conventions signées avec l’État du Cameroun représenté par le Minfi, détient ainsi par devers elle une trésorerie importante de l’ordre de 14,121 milliards de francs au 31 décembre 2022, ne procède pas au reversement, dans les caisses des bénéficiaires désignés, des sommes recouvrées au titre des condamnations pécuniaires qui s’élèvent à 107,127 millions de francs au 31 décembre 2022.

Par ailleurs, apprend-on, au cours de la période sous revue, le nombre de personnels licenciés est passé d’une personne en 2019 à 8 personnes en 2022, année au cours de laquelle la Src a enregistré plus de départs, la plupart des personnels licenciés cumulant entre 6 et 23 ans d’ancienneté au sein de l’entreprise.

De même, dans un climat social délétère couplé à la sanction systématique de licenciement des personnels expérimentés, le nombre de personnels souffrant d’hypertension artérielle reste préoccupant entre 2021 et 2023, les médecins ayant insisté sur la nécessité de mettre en place des mesures à l’effet de contrôler et d’anticiper ce facteur de risque des maladies cardiovasculaires.

Parmi les pratiques dénoncées, la Chambre des coptes de la Cour suprême note que la sécurité de la résidence du président du conseil d’administration (Pca) de la Src, l’ex-opposant (Union des populations du Cameroun) Robert Bapoh Lipot, plutôt que d’avoir droit selon la reglémentation à un gardien du jour et un gardien de nuit, a été assurée entre 2021 et 2022 par les services de la société Dak, mais aussi par les éléments de la gendarmerie nationale.

Les services fournis par la société Dak ont ainsi été rémunérés à plus de 3,5 millions par la Src, tandis que les éléments de la gendarmerie ont bénéficié d’une prime d’alimentation d’environ 5,8 millions par an, représentant un total de 11,760 millions pour les exercices 2021 et 2022.

En dehors des cessions des immeubles de l’Etat en dessous des prix fixés par la mercuriale, entrainant un manque à gagner de plus de 436 millions, la Chambre des comptes constate que la Src n’a pas procédé à une réévaluation exhaustive de son portefeuille de créances à recouvrer, dont le montant s’élève à 597,971 milliards au 31 décembre 2022.

Qui plus est, la directrice générale, Marie-Rose Thérèse Odile Messi et son directeur administratif et Financier sont tenus responsables des violations de règles de comptabilisation ayant entrainé des résultats comptables erronés et provoqué une sous-évaluation ou une surévaluation du patrimoine de l’entité.

A l’examen des charges de la Src, les auditeurs mentionnent que les conditions du contrat de location de l’immeuble abritant le siège présentent un loyer mensuel particulièrement élevé de 45 millions, pour une durée de 5 ans, représentant un coût total de 2,7 milliards sans possibilité de résiliation anticipée du bail sans pénalités excessives.

Cette charge, évaluée à 540 millions par an, absorbe près du tiers du produit global d’exploitation de l’entité qui s’élève à plus de 1,8 milliard en 2022, toute chose qui provoque des déficits financiers importants malgré les reports irréguliers des charges de fonctionnement de la Src sur les comptes de liquidation, une situation de nature à entraîner des risques budgétaires pour l’Etat.

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