Par Mon’Esse
Le gouvernement camerounais, en invitant lundi les familles de ses concitoyens morts en guerre en Russie contre l’Ukraine à prendre attache avec le ministère des Relations extérieures (Minrex), a officiellement admis que de jeunes Camerounais partaient clandestinement combattre pour Moscou et perdaient la vie au front.
Le Minrex a en effet, par voie de communiqué lu sur la radio publique, admis le «décès six (6) militaires contractuels de nationalité camerounaise qui exerçaient dans la zone d’opération militaire spéciale», et invitait les familles des concernés à prendre attache avec ses services «pour affaires urgentes les concernant».
Dans la foulée, ce département invitait également les familles des ressortissants de 16 autres Camerounais «vivant en Fédération de Russie », à prendre attache avec la direction des Camerounais de l’étranger pour les mêmes raisons.
Ces deux communiqués étaient, constate-t-on, accompagnés d’une note verbale enjouée du 6 mars du Minrex à l’ambassade de Russie à Yaoundé, accusant réception d’une correspondance de celle-ci demandant de contacter les familles des disparus.
C’est la première fois, depuis le début du conflit Russie-Ukraine il y a plus de 4 ans, que le Cameroun admet officiellement que des jeunes du pays se rendent clandestinement et massivement en Russie, recrutés par des réseaux mafieux leur promettant des fortunes pour se rendre au front, mais qui en réalité deviennent de la chair à canon une fois sur place.
Ledit réseau recrute certes des civils, non-initiés à la guerre, mais aussi des soldats formés de l’armée nationale, qui devant les promesses d’enrichissement rapide mordent facilement à l’appât.
«Mon petit cousin, jeune footballeur, s’est récemment rendu en Russie pour des tests de recrutement dans un club. On lui a expliqué que ceux-ci étaient négatifs et, dans la suite, il lui a été proposé d’aller au front contre forte récompense», il a rapidement fait ses bagages et est retourné au pays, a affirmé une dame à la rédaction.
Si beaucoup sont jusqu’ici décédés dans l’anonymat, un diplomate a expliqué à la rédaction, sous le sceau de l’anonymat, que la nouvelle démarche de Moscou pourrait signifier que les corps devraient être rendus aux familles qui, dans le même temps, recevraient des indemnités diverses.
