Par Ilyass Chirac Poumie
Le ministre des Sports et de l’Education physique, Narcisse Mouelle Kombi, a saisi son homologue de l’Administration territoriale pour solliciter l’interdiction immédiate de toutes les assemblées constitutives et électives dans le domaine du football sur l’ensemble du territoire national. La mesure vise notamment l’assemblée générale élective que la Fécafoot prévoit organiser le 29 novembre 2025 au Centre d’Excellence de Mbankomo.
Dans sa correspondance, le ministre explique que le processus électoral engagé par la Fécafoot présente de nombreuses irrégularités et suscite un climat de contestation généralisée parmi les acteurs du secteur. Il rappelle avoir déjà demandé, le 21 août 2025, des correctifs destinés à garantir un processus inclusif, consensuel et conforme aux statuts en vigueur, sans que ces orientations n’aient été suivies par la fédération.
Le ministre liste plusieurs problèmes majeurs : violation de la loi, non respect des statuts de 2021, exclusion de certains acteurs, intégration de clubs fictifs dans le corps électoral, contentieux non résolus et défiance envers l’autorité de tutelle. Selon lui, ces dysfonctionnements ont alimenté de fortes tensions, des appels à la dissolution de la Fécafoot, la création d’une association parallèle dans les régions du Nord Ouest et du Sud Ouest et l’annonce d’un processus électoral concurrent conduit par le sénateur Albert Mbida.
Face à ces menaces pour la cohésion nationale et l’ordre public sportif, le ministère des Sports estime que l’interdiction temporaire des assemblées permettra d’ouvrir la voie à un processus électoral apaisé, transparent et accepté par tous. Il insiste par ailleurs sur la nécessité, dans ce contexte post électoral sensible, de préserver la paix et l’unité nationales.
La crise interne qui secoue la Fécafoot dure depuis plusieurs mois et oppose le camp du président Samuel Eto’o Fils à de nombreux acteurs du football. Les contestations portent principalement sur la gestion fédérale, les règles électorales et la représentativité des organes dirigeants. Le gouvernement, tenu légalement de contrôler la conformité des textes et le fonctionnement des fédérations sportives, intervient désormais de manière plus ferme afin d’éviter une escalade dans un secteur considéré comme un symbole majeur de cohésion au Cameroun.
