Par Arlette Akoumou Nga
La journée de deuil national décrétée par Issa Tchiroma Bakary a suscité des réactions contrastées à travers le Cameroun. De Douala à Dschang, en passant par Garoua, Maroua, Banyo ou encore Mayo-Darlé, l’adhésion à l’appel n’a pas été uniforme, révélant les disparités d’engagement selon les régions et les sensibilités locales.
À Douala, la capitale économique, l’appel a été suivi de manière modérée. Quelques rassemblements sobres et dépôts de fleurs ont été observés dans certains quartiers, tandis que l’activité économique est restée globalement soutenue.
À Dschang, ville universitaire, l’atmosphère était davantage marquée par les initiatives citoyennes : minutes de silence, regroupements spontanés et messages de solidarité ont été enregistrés autour de plusieurs points de la ville.
Dans le Nord, notamment à Garoua et Maroua, fiefs politiques de longue date d’Issa Tchiroma Bakary, l’appel a été plus largement suivi. Des prières collectives, des suspensions symboliques d’activités et des hommages publics ont rythmé la journée.
En revanche, dans des localités comme Banyo et Mayo-Darlé, la mobilisation est restée plus discrète, limitée à quelques actions menées par des groupes de sympathisants et des leaders locaux.
Cette journée, voulue comme un moment d’unité nationale, met en lumière une adhésion variable mais réelle, témoignant de la diversité des dynamiques politiques et sociales à travers le pays. Issa Tchiroma Bakary, figure politique de premier plan et leader du Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC), avait lancé cette journée de deuil pour marquer un moment de recueillement national, dans un contexte socio-politique tendu. Ce type d’appel, rarement initié par une figure hors du gouvernement, illustre la volonté de certains acteurs politiques d’occuper davantage l’espace symbolique et émotionnel de la nation.
