Par Mon’Esse
En 3 ans d’existence, la Couverture santé universelle (CSU) a permis la consultation gratuite de 2,9 millions d’enfants au Cameroun, selon un bilan présenté lundi aux médias par le ministre de la Santé publique (Minsante), Manaouda Malachie.
Le système a également permis la réalisation de 839.000 accouchements encadrés, 35.632 césariennes à 6000 francs, contre des coûts auparavant prohibitifs.
Dans le même temps, la dialyse est passée de 520.000 francs par an à 15.000 francs, et le traitement contre la Vih/sida est désormais gratuit pour 457 000 patients, mais aussi pour 96.000 malades de la tuberculose.
D’une manière générale, le Minsante a indiqué que plus de 5,8 millions de Camerounais, surtout parmi les plus démunis, ont été pré-enrôlés à la CSU, dont 4,6 millions effectivement enregistrés, soit un taux de 81%, un niveau d’adhésion qui montre que la CSU n’est plus une simple réforme administrative, mais un dispositif qui commence à s’ancrer dans les habitudes des populations.
Et de se féliciter de l’intégration des groupes prioritaires, avec 68% des enfants de moins de 5 ans déjà enrôlés, contre 86% des personnes vivant avec le Vih, 99% des patients tuberculeux et 100% des patients sous dialyse.
Contrairement à de nombreux systèmes de santé centrés sur les soins curatifs, la CSU mise fortement sur la prévention, a précisé Manaouda Malachie : plus de 2,1 millions d’enfants ont été supplémentés en vitamine A, 6,8 millions de visites à domicile ont été réalisées par les agents de santé communautaires, 928.000 ménages sont dotés de moustiquaires imprégnées et, dans le même temps, 3,6 millions d’enfants ont été vaccinés contre la rougeole, les oreillons et la rubéole.
Malgré ces avancées, a martelé le membre du gouvernement, plusieurs obstacles freinent encore l’efficacité du dispositif, notamment de l’accessibilité géographique, les zones rurales restant insuffisamment couvertes, mais aussi l’accès aux formations sanitaires, considéré comme la principale difficulté.
Il y a aussi, parmi les écueils, le remboursement des structures de santé qui n’est pas toujours fluide, toute chose pouvant affecter non seulement la qualité des soins, mais également la disponibilité des médicaments ainsi que la motivation du personnel.
Ce que le ministre s’est gardé d’évoquer, c’est un certain «sabotage» constaté, effectué par des membres de l’exécutif eux-mêmes qui auraient visiblement souhaité que ledit programme soit placé sous leur coordination, et qui brillent ainsi par leur non-participation aux activités de la CSU, particulièrement dans leurs fiefs respectifs.
Accéder aux soins ne suffit pas, a précisé le Minsante, pour qui la CSU doit garantir des soins sécurisés, un personnel qualifié, des infrastructures adaptées, la gestion des données, la transparence et la coordination entre acteurs restant en outre des enjeux majeurs.
En perspective, Manaouda Malachie a annoncé des pistes d’amélioration pour les prochaines années, à l’instar de l’adoption d’une loi sur la CSU, le renforcement des infrastructures, surtout en zone rurale, l’extension du panier de soins (hépatites, diabète de l’enfant) ainsi que l’amélioration de la digitalisation et de la transparence.
