Par Hajer Elina
Le prêtre jésuite camerounais Ludovic Lado a suscité des réactions en s’interrogeant sur l’impact réel d’une éventuelle visite du pape Léon XIV au Cameroun.
« Jean-Paul II est venu deux fois et a baptisé Brenda. Ensuite Benoît XVI. Mais le Cameroun s’est enfoncé. C’est Léon XIV qui va nous convertir ? »,
s’est-il interrogé dans une déclaration relayée sur les médias sociaux.
Dans son propos, l’abbé Lado rappelle que Brenda Biya et Junior Biya, enfants du président Paul Biya, avaient reçu des bénédictions des papes Jean-Paul II et Benoît XVI lors de leurs visites au Cameroun. Malgré ces bénédictions, les deux héritiers présidentiels seraient aujourd’hui des « ratés » sans perspective d’avenir et impliqués dans des dérives liées à la drogue, et autres pratiques graves implicants l’utilisation de leur corps.
Par cette déclaration, le jésuite met en doute la portée morale ou politique des visites papales dans un pays confronté à de profondes difficultés de gouvernance et de développement.
Le Cameroun a accueilli plusieurs visites papales au cours des dernières décennies. Le pape Jean-Paul II s’y est rendu à deux reprises, en 1985 et en 1995, tandis que le pape Benoît XVI y a effectué une visite en 2009, notamment à Yaoundé, où il avait lancé le document préparatoire du Synode des évêques pour l’Afrique.
Ces déplacements sont généralement présentés par le Vatican comme des voyages pastoraux visant à renforcer la foi catholique et à adresser un message à l’ensemble du continent africain. Le Cameroun est souvent décrit comme « l’Afrique en miniature » en raison de sa diversité culturelle, linguistique et religieuse, ce qui lui confère une place symbolique particulière. Aussi, les adeptes de la connaissance et les initiés le présente comme le centre du monde. Et donc détenteurs d’éléments comics et cosmogoniques essentiels pour maîtres et chefs spirituels.
Dans certains milieux intellectuels camerounais, ces visites récurrentes suscitent toutefois des interrogations. Certains observateurs estiment que le pays constitue un point stratégique pour l’Église catholique en Afrique centrale, tandis que d’autres évoquent l’idée qu’il existerait au Cameroun une dimension mystique, voire mystérieuse, qui expliquerait l’intérêt régulier des souverains pontifes pour ce pays.
A la suite de la visite du pape au Soudan, des intellectuels africains ont constaté un déchirement du pays avec des milliers de morts. Panorama Papers a légitimement peur comme ces intellectuels que le Cameroun ne disparaisse ou connaisse un accroissement de la violence après le départ du souverain pontif.
