Avec Antoine Boris Elouna
Dans le département d’où je viens, à Monatélé et particulièrement le bureau de vote dans lequel j’ai voté, le taux d’abstention était de 74%. Cela a attiré mon attention et j’ai essayé de comprendre pourquoi ce boycott.
D’aucuns m’ objecteraient que la Lékié ce n’ est pas tout le Cameroun. Bien, prenons donc les chiffres officiels : plus de 40% des électeurs inscrits ne sont pas allés voter. Certains de ceux qui ont voté, n’ont choisi aucun candidat en lice. Ils ont voté bulletin nul. C’est donc clair pour nous que l’élection du 12 Octobre dernier a massivement été boycottée.
Cette abstention pour nous, témoigne de la crise de confiance qui grandit entre les populations et les institutions ou tout au moins ceux qui les dirigent. Le peuple n’a aucune confiance au processus électoral.
Pire, le peuple estime qu’il n’est pas écouté par ceux qui sont censés le représenter. La souveraineté nationale réside avant tout au sein du peuple. Les résultats du Conseil Constitutionnel donnent Paul Biya vainqueur avec 53% environ. Mais les 47% restants, ajoutés au taux d’abstention, on les met où ? On continue de gouverner en méprisant leurs attentes ? Il faut à tout prix un gouvernement inclusif dans ce pays. Il faut des réformes profondes. Il faut donner des responsabilités importantes aux jeunes et aux femmes dans ce pays.
Le Cameroun ne peut plus continuer d’avancer droit sur le mur : il faut sortir de l’arrogance institutionnelle et ce mettre au service du peuple. Pour nous le discours de prestation de serment, lu par Paul Biya dernièrement n’a pas pris en compte la réalité des urnes. Il faut d’abord dissoudre Elections Cameroon. On doit à tout prix trouver le moyen de se parler pour restaurer l’unité nationale, et la confiance en nos institutions. On ne peut pas ignorer la colère du peuple. Vous savez, on ne dirige pas un peuple contre ses aspirations.
Revenons à Elecam et ses défaillances plurielles.
Les Camerounais conçoivent dans leur immense majorité que, Elecam, l’organe en charge des élections, n’est pas crédible, n’est pas compétent, et est surtout partisan. C’est pourquoi ils ne s’y inscrivent pas.
L’incompétence d’Elecam empoisonne notre démocratie et tue tout espoir de la construction d’une nation forte et unifiée.
Avec moins de dix millions de Camerounais inscrits sur les listes électorales, Elecam devient aux yeux du peuple un éléphant blanc. Une institution budgétivore.
Par ailleurs, l’intimidation, les arrestations arbitraires , la corruption systémique constituent une hormone de croissance de l’abstention politique au Cameroun. Le ministre de l’administration territoriale devrait modérer ses méthodes et œuvrer davantage pour une République moderne. Nous aimons la paix et celle-ci est fille de la justice sociale. Nous militons pour la préservation de paix et non la peur !
Avec Antoine Boris Elouna, Coordonnateur National du Mouvement pour une Jeunesse Citoyenne et Entreprenante (MJCE).
