Par Ross Hill
L’ambassade des États-Unis à Yaoundé a adressé, peu après la prestation de serment de Paul Biya, un message de félicitations au gouvernement camerounais. Si le texte se voulait diplomatique, évoquant l’« inauguration » du président Biya sans mentionner son « élection », il a néanmoins déclenché une vague d’indignation aussi bien au Cameroun qu’aux États-Unis.
C’est l’ancien secrétaire d’État adjoint américain aux Affaires africaines, Tibor Nagy, membre du Parti républicain, qui a ouvertement critiqué la publication. Dans un message posté sur X, il a écrit :
« Très déçu de voir l’ambassade des États-Unis à Yaoundé féliciter le gouvernement camerounais. Bien sûr, en lisant entre les lignes, je note que les félicitations portent sur l’inauguration, pas sur l’élection. Je ne peux pas imaginer qu’on puisse appeler cela une élection ! Quelle plaisanterie ! »
Cette réaction, rapidement devenue virale, a trouvé un écho favorable au sein de la diaspora camerounaise et parmi les partisans du changement, qui saluent la clarté et le courage de l’ancien diplomate. De leur côté, certains observateurs estiment que la réaction de Nagy traduit un malaise plus profond au sein de la diplomatie américaine, partagée entre le respect du protocole et la nécessité d’affirmer une position ferme sur la démocratie en Afrique. Paul Biya a prêté serment le 7 novembre 2025, à l’issue d’une élection présidentielle marquée par des contestations massives et des accusations de fraude.
L’opposition continue de revendiquer la victoire d’Issa Tchiroma Bakary. Ancien ambassadeur des États-Unis en Éthiopie et en Guinée, Tibor Nagy, diplomate de carrière connu pour son franc-parler, reste une voix influente des milieux républicains. Sa sortie publique, rare et directe, met en lumière les divergences internes sur la position que Washington devrait adopter vis-à-vis du régime camerounais après une élection jugée non crédible par une large partie de la population et de la communauté internationale.
