Avec Guibaï Gatama
La tolérance, la justice, le respect de l’autre et la dignité sont l’empreinte du Sahélien.
On m’interroge sur mon silence. Non, je ne suis pas silencieux : j’observe, j’écoute et je travaille à apaiser les esprits, à éviter que le Grand-Nord ne s’embrase ou ne sombre dans une violence inutile – une violence qui ne peut que desservir nos ambitions politiques. Je le fais loin du tumulte.
De ce travail, que constate-t-on ? L’effritement progressif de nos valeurs, sacrifiées sur l’autel de l’intolérance et d’une dictature de la pensée qui, pourtant, ne saurait s’imposer durablement en terre sahélienne.
Dans notre culture, la divergence d’opinion n’est ni une faute ni un péché. On peut soutenir Paul Biya, Bello Bouba Maigari, Issa Tchiroma, Cabral, ou choisir de ne soutenir personne : cela ne doit pas faire de nous des ennemis.
Nos véritables adversaires sont connus : une marginalisation persistante à tous les niveaux, un sous-développement chronique, un chômage endémique qui étouffe nos jeunes et freine nos espoirs collectifs.
Que deviendrions-nous, dans le Grand-Nord, si l’intolérance et le rejet de la différence venaient à régir notre quotidien au nom des divergences politiques ? Le respect de l’autre doit demeurer la règle cardinale et la clé de notre vivre-ensemble.
