Par Mon’Esse
Le Collectif camerounais et international des juristes pour la vérité, la justice et l’État de droit a, jeudi, jour de la prestation de serment de Paul Biya pour un 8ème mandat à la tête du Cameroun, estimé que le serment d’un pouvoir qui nie le peuple est un faux témoignage, et qu’il engage la responsabilité de ceux qui l’acceptent.
Dans une déclaration solennelle publiée sur les réseaux sociaux, il estime que le vote du peuple camerounais, le 12 octobre, a été confisqué : «Ce ne fut pas une élection. Ce fut une opération de neutralisation démocratique, orchestrée avec un tel cynisme qu’on en oublierait presque les apparences.»
Parlant des Nations Unies, citées par Reuters, il affirme que les violences post-électorales ont fait 48 morts, des centaines d’arrestations arbitraires de figures respectées, toute chose qui représente des balles contre des pancartes. Des matraques contre des chants. Des jeunes, des femmes, des pères de famille. Pas des insurgés. Des citoyens.
Et pendant ce temps, que fait le monde ? se demande le Collectif pour qui la communauté internationale se contente de regarder, de tergiverser en espérant que cela se tassera.
«Mais nous le disons aujourd’hui avec la clarté d’un verdict : le silence devient complicité. Car cette élection n’est pas qu’une affaire camerounaise. Elle concerne chaque démocratie qui prétend défendre les principes de justice et de liberté. Elle concerne les États-Unis, l’Union européenne, la Francophonie.»
Pour ces juristes, leur intervention n’est point de d’ingérence mais il s’agit d’honneur : «Il ne s’agit pas d’intervention militaire. Il s’agit de vigilance diplomatique. De vérité. De mémoire. De cohérence.»
Et ces avocats, juristes, professeurs, défenseurs des droits humains et observateurs électoraux indépendants de préciser qu’ils n’appellent pas à l’agitation mais au droit.
«Nous n’appelons pas à l’insurrection. Nous appelons à l’instruction des faits. À l’ouverture d’une mission d’enquête indépendante. À la mise en œuvre d’un mécanisme de médiation inclusive.»
