Par Sandra Embollo
Des sources locales indiquent que de nombreux adolescents arrêtés ces dernières semaines dans les rues de Douala sont actuellement libérés de la prison de Ngoma. Ces jeunes, souvent âgés de moins de 18 ans, avaient été interpellés au plus fort des tensions ayant suivi les manifestations contre le président Paul Biya dans plusieurs quartiers de la capitale économique.
Selon les témoignages recueillis sur place, près de 1500 adolescents auraient été arrêtés dans un contexte de répression renforcée. Les autorités les soupçonnaient d’avoir pris part aux rassemblements contestataires ou d’avoir circulé dans les zones où les heurts se sont produits. Le processus de libération aurait commencé discrètement depuis quelques heures, sans communication officielle.
Les familles concernées affirment avoir été privées d’informations pendant plusieurs jours, ne découvrant la détention de leurs enfants qu’au fil des visites ou d’appels informels. Dans plusieurs quartiers, la nouvelle de ces libérations a suscité un mélange de soulagement et de colère face à ce que beaucoup qualifient d’arrestations arbitraires.
Aucune déclaration officielle n’a encore été publiée pour préciser le nombre exact de mineurs concernés ni les raisons de leur libération soudaine. Depuis les manifestations post électorales observées dans certains quartiers de Douala, les opérations de maintien de l’ordre ont donné lieu à de nombreuses interpellations.
Des organisations locales de défense des droits humains dénoncent régulièrement l’usage excessif des arrestations préventives et l’incarcération de mineurs dans des établissements non adaptés. Cette situation intervient dans un climat politique déjà tendu, où les accusations d’arrestations massives et arbitraires alimentent le débat national sur la gestion sécuritaire des contestations.
