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Cameroun | Libre circulation en zone Cemac: Le GRAMI-AC dresse l’état des lieux, un plaidoyer pour une intégration sous-régionale efficace.

À l'occasion de la Journée Internationale de la Migration, le GRAMI-AC a réuni à Yaoundé les acteurs majeurs de la sous-région pour débattre de l'intégration au sein de la zone CEMAC. Entre l'urgence d'une protection psychologique pour les expulsés, les avancées diplomatiques fragiles entre États et la nécessité de réformer des textes juridiques jugés trop éloignés des réalités africaines, cette rencontre a mis en lumière les défis immenses d'une libre circulation encore entravée. État des lieux d'un plaidoyer qui, malgré les résistances, commence à porter ses fruits.

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Par Joakim IPELA

À l’occasion de la Journée Internationale de la Migration, le Groupe de Recherche et d’Action sur les Migrations en Afrique Centrale (GRAMI-AC) a réuni experts, institutions et société civile à Yaoundé. Au cœur des débats : l’intégration sous-régionale et le défi humain de la libre circulation. Chaque 18 décembre, le monde célèbre la migration. Cette année, le GRAMI-AC a choisi de placer cette journée sous le signe de l’urgence régionale avec un thème évocateur : « Libre circulation et intégration de la zone CEMAC ». Dans la capitale camerounaise, cette conférence a servi de plateforme de dialogue entre les organisations de la société civile, les organismes internationaux, les médias et les acteurs institutionnels.

Un constat amer sur le terrain. Au-delà des textes juridiques, la réalité de la migration en Afrique Centrale est souvent synonyme de détresse. Philippe Nanga, coordonnateur de l’ONG Un Monde Avenir, a porté la voix de ceux qui reviennent au pays après des expulsions brutales. « Nous nous retrouvons au Cameroun sans moyens, ayant tout abandonné. Les familles ont du mal à accueillir ces personnes parce qu’elles n’ont plus rien », a-t-il déploré. L’accent a été mis sur l’absence de structures d’accompagnement. Selon lui, le manque de soutien psychologique et financier au niveau institutionnel rend la réintégration presque impossible pour des citoyens qui rentrent « les mains vides » après avoir tout perdu à l’étranger.

Des avancées diplomatiques à géométrie variable. Malgré ce tableau sombre, la société civile entrevoit des lueurs d’espoir. Le plaidoyer de longue date semble enfin porter ses fruits, bien que la progression reste lente. Philippe Nanga note une amélioration notable de la fluidité aux frontières entre le Cameroun, le Tchad et la Centrafrique. Même le Gabon, longtemps critiqué pour ses méthodes répressives, semble changer de paradigme. « Les répressions diminuent, on le constate. Les Camerounais ne sont plus traités comme des pestiférés », souligne le coordonnateur. Un point noir subsiste néanmoins : la Guinée Équatoriale. Le pays reste pointé du doigt pour le maintien de ses frontières fermées et la persistance d’expulsions violentes à l’encontre des ressortissants de la sous-région.

Le malentendu juridique. Pourquoi l’intégration patine-t-elle autant ? Pour Ernesto Yene, de la Fondation Conseil Jeune, le problème est structurel et prend sa source dans les textes mêmes de la CEMAC. Il a souligné un décalage majeur entre la loi et la pratique : « Le problème de la libre circulation est au niveau de la CEMAC, avec des textes qui ressemblent beaucoup trop à ceux de l’Union Européenne et qui ne représentent pas nos réalités locales ».

Cette inadaptation juridique freine l’appropriation des règles par les États membres et les forces de l’ordre sur le terrain. La conférence s’est achevée sur une note d’engagement. Pour le GRAMI-AC et ses partenaires, l’objectif reste clair : poursuivre le plaidoyer pour que les frontières de l’Afrique Centrale ne soient plus des barrières, mais des ponts, comme c’était le cas avant la colonisation. L’enjeu n’est pas seulement économique, il est avant tout celui de la dignité humaine et de la solidarité sous-régionale. Cette rencontre de Yaoundé a rappelé que la libre circulation en zone CEMAC ne peut se limiter à des déclarations d’intention diplomatiques. Pour le GRAMI-AC et ses partenaires, l’intégration régionale est un chantier qui doit placer l’humain au centre, en garantissant un accueil digne aux migrants et en harmonisant les lois avec les réalités du terrain. Si les avancées observées au Tchad ou au Gabon laissent entrevoir une issue favorable, le chemin reste long pour briser les derniers bastions de résistance, notamment en Guinée équatoriale. Le combat de la société civile se poursuit donc, avec l’espoir qu’un jour, chaque citoyen de la sous-région puisse circuler sur sa terre sans crainte ni humiliation.

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