Avec Cfoot
« Ferme ta gueule. Tu es bamileke je me disais bien bâtard. Fils de pute».
Si l’injure est en elle-même choquante, elle prend une dimension tragique et ironique lorsque l’on se penche sur l’histoire même de la famille Eto’o et ses liens indéfectibles avec la communauté Bamileke.
L’ascension fulgurante et la carrière légendaire de Samuel Eto’o Fils, l’actuel patron du football camerounais, ne peuvent être dissociées de la générosité et de la vision d’un homme et d’une institution liés aux Bamileke : Joseph Kadji Defosso et sa Kadji Sport Academy (KSA). Cette académie n’était pas seulement un centre de formation, mais un véritable sanctuaire offrant un cadre d’excellence, loin des pressions et des difficultés financières.
C’est au sein de cette institution que le jeune Samuel Eto’o a pu s’épanouir et affûter son talent avant de s’envoler pour l’Europe. Eto’o lui-même a reconnu publiquement l’importance cruciale de cet environnement, déclarant :
« Quand j’étais à la KSA, je n’avais aucune pression financière. Tout ce que j’avais à faire, c’était de m’amuser et quand tu n’as pas de pression, tu peux tout faire. »
En d’autres termes, si Samuel Eto’o a pu réaliser une carrière qui l’a hissé au sommet du football mondial et lui a permis d’accéder à la présidence de la Fecafoot, c’est en grande partie grâce à l’opportunité qui lui a été offerte par un mécène Bamileke. La KSA est plus qu’une académie ; elle est le symbole d’un investissement personnel et financier de la communauté dans le rêve et la jeunesse camerounaise, sans considération d’ethnie.
L’éclatement de cette insulte sur la place publique soulève donc une question morale fondamentale : comment le petit frère du président de la Fecafoot, qui doit une partie de son statut et de sa position sociale à la largesse d’une figure Bamileke, peut-il se permettre de s’en prendre aussi violemment et ouvertement à toute cette communauté ?
Le lien est direct et historique : Samuel Eto’o doit énormément aux Bamileke. C’est un fait que l’histoire du football camerounais ne saurait ignorer. L’attaque de David Eto’o est perçue non seulement comme un acte de tribalisme pur, mais comme un flagrant acte d’ingratitude envers ceux qui ont permis l’éclosion de l’icône nationale que son frère est devenu.
Face à la gravité des propos, et compte tenu des liens historiques et de l’influence de la communauté Bamileke dans les affaires et le sport camerounais, la réaction des instances dirigeantes est scrutée. Le silence de la Fecafoot ou l’absence de sanction claire à l’encontre de David Eto’o, récemment coopté comme délégué de la Ligue du Littoral, ne ferait qu’aggraver l’outrage.
L’institution footballistique doit montrer l’exemple et prouver que le sport est un lieu d’unité et non un terrain de jeu pour les divisions ethniques. Une condamnation ferme est attendue pour laver l’honneur de la communauté attaquée et réaffirmer les valeurs de respect et de reconnaissance qui devraient primer au-dessus de tout.
L’histoire a mis les projecteurs sur l’origine du succès de Samuel Eto’o ; David Eto’o, par ses propos, met en lumière une blessure profonde qui menace de diviser le pays. La noble communauté Bamileke, souvent montrée en exemple pour son sens de l’entreprenariat et sa contribution au développement national, mérite bien plus que ces insultes émanant de l’entourage de la première personnalité du football camerounais

1 comment
David Eto’o est un écervelé comme il y en tant aujourd’hui. La communauté bamileké a mieux à faire que de s’occuper des idioties d’un idiot manifeste. Ses insultes changent quoi à quoi? Strictement rien. On n’infléchit pas une trajectoire communautaire par de vulgaires insultes. Ce que les détenteurs du pouvoir n’ont pu faire en un demi-siècle, qu’y pourront faire ses insultes ? Strictement rien !