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Cameroun | Mamadou Mota répond à Grégoire Owona et dénonce une « monarchie élective »

Le vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, Mamadou Mota, a vivement réagi aux déclarations du ministre Grégoire Owona, critiquant le projet de vice-présidence non élue et défendant le suffrage universel.

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Par Ilyass Chirac Poumie

Dans une tribune au ton acerbe, Mamadou Mota s’en est pris au ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, qu’il accuse de recourir à une « rhétorique Rdpcienne » mêlant, selon lui, « paternalisme » et « mauvaise foi ».

Réagissant à la défense par Grégoire Owona d’un poste de vice-président nommé, Mamadou Mota rejette toute comparaison avec la succession de Paul Biya en 1982. Il estime que cet argument relève d’une « mémoire à géométrie variable » et souligne que « le monde change », appelant à une évolution des pratiques démocratiques.

Pour le responsable du Mrc, la nomination d’un vice-président chargé d’achever un mandat présidentiel équivaudrait à une « monarchie élective », incompatible avec les principes républicains. Il insiste sur le fait que seule « l’onction du suffrage universel » doit déterminer la succession au sommet de l’État.

Sur les critiques visant Maurice Kamto, notamment accusé de « nomadisme politique », Mamadou Mota dénonce une attaque paradoxale venant d’un parti qu’il accuse d’avoir lui-même intégré divers courants politiques au fil des années. Il rejette également toute ingérence dans la vie interne du MRC, affirmant que ses militants sont seuls juges de la légitimité de leur leader.

Plus largement, Mamadou Mota critique ce qu’il considère comme une volonté de verrouillage institutionnel, estimant que les réformes évoquées traduisent une incapacité du système à se renouveler. Il appelle à un débat véritablement démocratique, en opposition à ce qu’il qualifie de « sérénité » synonyme, selon lui, de silence imposé.

Cette passe d’armes s’inscrit dans un climat politique tendu au Cameroun, marqué par des débats autour d’éventuelles réformes constitutionnelles, notamment sur la question de la succession présidentielle.
Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), au pouvoir depuis 1985 sous la direction de Paul Biya, défend une approche axée sur la stabilité et la continuité de l’État.

À l’inverse, l’opposition, notamment le Mouvement pour la renaissance du Cameroun, milite pour des réformes jugées plus démocratiques, dans un contexte de contestations récurrentes depuis l’élection présidentielle de 2018.

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