Par Ilyass Chirac Poumie
Mandela Center International affirme que 20 civils non armés ont été tués par des éléments du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) dans la chefferie de Ndzerem-Nyam, localité de l’arrondissement de Jakiri, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun. L’organisation évoque également de nombreux blessés graves, des arrestations et des destructions de biens.
Selon les informations recueillies par l’Ong et ses partenaires, les faits se sont produits dans la nuit du 25 au 26 avril 2026, lorsqu’une unité lourdement armée a fait irruption dans le village. Les militaires auraient ouvert le feu sans sommation, dans le cadre d’une opération présentée officiellement comme visant des combattants séparatistes.
Le Mandela Center International indique que la majorité des victimes identifiées sont des civils, dont une femme enceinte, des artisans et de jeunes villageois. Plusieurs maisons et des dizaines de motos ont également été incendiées.
L’organisation précise avoir dépêché une mission d’établissement des faits, bien que l’accès direct au site ait été impossible pour des raisons sécuritaires. Elle s’appuie sur des témoignages concordants et des éléments visuels pour étayer ses accusations.
Dans un communiqué publié le 30 avril 2026, le ministère camerounais de la Défense a évoqué une opération contre des « terroristes », affirmant avoir neutralisé plusieurs combattants armés. Une version contestée par le Mandela Center International, qui dénonce une utilisation abusive de cette qualification dans le contexte du conflit.
L’Obg estime que ces faits constituent de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire, notamment des attaques indiscriminées contre des populations civiles. Elle considère que la responsabilité de l’État camerounais est engagée.
Face à cette situation, Mandela Center International exige la libération des personnes arrêtées, l’ouverture d’une enquête indépendante, ainsi que la poursuite des responsables devant des juridictions compétentes. L’organisation appelle également à un dialogue inclusif pour mettre fin à la crise dans les régions anglophones.
La région du Nord-Ouest du Cameroun est en proie à un conflit armé depuis 2017, opposant les forces gouvernementales à des groupes séparatistes. Les violences ont déjà fait des milliers de morts et déplacé des centaines de milliers de personnes.
Le massacre de Ndzerem-Nyam intervient dans un contexte de tensions persistantes et rappelle d’autres épisodes meurtriers, notamment celui de Ngarbuh en février 2020, qui avait suscité une vive controverse internationale.
Malgré les appels répétés à la paix, les affrontements entre forces armées, groupes séparatistes et milices locales continuent de faire de nombreuses victimes civiles dans les régions anglophones du Cameroun.
