Par Ilyass Chirac Poumie
Vingt-quatre heures après l’annonce du décès d’Anicet Ekane, une vidéo de Maurice Kamto, ancien président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, circule massivement sur les réseaux sociaux. Visage marqué, voix brisée, Maurice Kamto confie le poids du deuil et la stupeur ressentie à l’annonce de la mort de son compagnon de lutte.
Dans sa déclaration, Maurice Kamto affirme sans détour qu’Anicet Ekane, président du Manidem, a été « tué », évoquant un « crime d’État » au regard des circonstances de sa mort en détention. Il explique s’être rendu le 1er décembre au Secrétariat d’État à la Défense pour visiter plusieurs détenus politiques, dont Ekane, mais qu’il y a été accueilli par l’annonce du décès.
Tout au long de sa prise de parole, Maurice Kamto salue les convictions nationalistes d’Anicet Ekane, son engagement pour un Cameroun souverain et juste, et rappelle les liens tissés entre eux dans la perspective de la présidentielle d’octobre 2025. Il dénonce « la haine », « l’exécration » et « la détestation » qui auraient conduit, selon lui, à cet acte, tout en avertissant que cette disparition marque une nouvelle étape dans la lutte politique camerounaise.
« Ta mort fertilisera la lutte de notre peuple pour son émancipation totale », déclare Maurice Kamto en rendant hommage à celui qu’il considère désormais comme un martyr. Tout en affirmant qu’il restera au Cameroun malgré les risques, il assure que la lutte se poursuivra « plus puissante que jamais », convaincu que la lumière finira par prévaloir.
Georges Anicet Ekane, figure politique camerounaise et président du Manidem, est décédé en détention militaire le 1er décembre 2025, provoquant une onde de choc dans le pays. Sa famille conteste les conditions de son décès, évoquant un enlèvement et un assassinat, et s’oppose à l’autopsie annoncée par les autorités. Plusieurs acteurs politiques, dont Maurice Kamto, ont réclamé une enquête indépendante pour élucider les circonstances exactes de sa mort.
