Par Serge Aimé BIKOI
Doyenne d’âge à l’Assemblée nationale, celle qui était députée Rdpc de la circonscription de la Mefou et Afamba est décédée hier en soirée des suites de maladie. Femme politique discrète et d’une rigueur morale légendaire, Laurentine Koa Mfegue s’est illustrée, durant les dernières législatures, par ses prises de parole manquantes interpellant même ses collègues sur l’inertie et sur l’absentéisme au sein de l’hémicycle. L’élue de la nation emporte, avec elle, une part de la mémoire parlementaire du Cameroun
Députée Rdpc de la circonscription de la Mefou et Afamba, l’honorable Laurentine Koa Mfegue Mbede était devenue, au fil des dernières législatures, une figure respectée. Sa disparition suscite une vive émotion au sein de l’arène politique tant son rôle symbolique et institutionnel transcendait les clivages partisans. Dans les couloirs du palais de verre Paul Biya, élus et personnels évoquent une femme discrète, constante et rigoureuse. Née au Cameroun et issue de la communauté Mvog Fouda, Laurentine Koa Mfegue a construit sa carrière politique à l’échelle locale avant d’accéder à l’échiquier national.
Élue maire de la commune de Soa en 2002, elle s’impose comme une actrice de terrain proche des populations locales. En 2012, elle entre à l’Assemblée nationale lors de la 9ème législature, où elle siégera sans interruption. Membre de la commission des affaires étrangères, L. Koa Mfegue participe aux travaux parlementaires liés à la diplomatie et à la coopération internationale, contribuant à renforcer l’image institutionnelle du Cameroun dans les cadres interparlementaires africains et internationaux.
Doyenne d’âge, Koa Mfegue s’est illustrée par des prises de parole manquantes. Au cours de l’ouverture de la session parlementaire de mars 2024, l’élue de la nation avait interpellé ses collègues sur leur responsabilité, décriant, sans détour, l’absentéisme et l’inertie au sein de l’hémicycle. Elle rappelait alors que le mandat parlementaire est un devoir envers la nation et non un simple titre honorifique. En mars 2025, ouvrant une nouvelle session parlementaire dans un contexte politique sensible, L. Koa Mfegue avait lancé “un appel à la responsabilité collective pour une élection présidentielle apaisée”, exhortant les leaders politiques, les médias, les religieux et les citoyens à préserver la paix et l’unité nationale.
Veuve depuis 2019 du Pr Joseph Mbede, ancien ministre de la Santé publique, l’élue de la nation laisse, derrière elle, une famille, une circonscription et une institution profondément marquées. Ses collègues parlementaires saluent une femme d’État, dont la longévité politique s’est toujours accompagnée d’un sens aigu de la République. Au-delà de son statut de doyenne d’âge, elle incarnait une certaine idée du parlement fondée sur la discipline, le respect des règles et la primauté de l’intérêt général. En tirant sa révérence, Koa Mfegue laisse un vide au sein de la représentation nationale et une référence durable pour les générations d’élus à venir.
