Par Joseph Ndzie Effa
L’ émotion est vive et la douleur palpable au domicile de la fillette divine, 11 ans, arraché à la vie dans la nuit du 17 au 18 mars. Nous sommes au lieu-dit carrefour géomètre à Nkoabang situé non loin du Centre ville de Yaoundé, sortie Est de la capitale politique métropolitaine. Devant le domicile familial, les visages sont fermés, marqués par le choc. Proches, voisins et connaissances défilent entre recueillement et indignation. Voici ce que nous avions vu entendu et ressenti sur place.
Michelle, la mère de Divine, tient à peine sur une chaise. la dame tente de dominer sa douleur<< quand je suis avec les gens, ça essaie d’aller. Mais vraiment à l’intérieur de moi quand je pense à ma Divina, ma danseuse professionnelle, elle était mon avenir>>, lâche -t-elle avec le peu de force qui lui reste. Puis, notre interview est interrompue par un malaise. Elle est immédiatement transportée dans une structure sanitaire tout à côté. La grand-mère est tout aussi dévastée par cette disparition brutale de sa petite fille<< Divine s’occupait de toute cette maison. Il y a 15 personnes ici, elle prépare et servait à tout le monde. Elle rangeait la maison et vendait les bâtons de manioc de sa mère. Je suis fini>>, soupire la sexagénaire.
Selon les premiers éléments, l’élève de classe de 6e dans un complexe scolaire situé non loin du domicile aurait été agressée, puis tuée dans un immeuble pourtant habité à deux rues de son lieu d’habitation. Françoise,, sa tante, est partagée entre colère et indignation. << Ma nièce était une fille aimable. Je n’en reviens toujours pas de cette situation>>.
Nous décidons de reprendre la route direction lieu-dit entrée école 10e arrêt. Au bout d’une allée, un portail bien fermé de couleur noire. Une locataire se donne la peine de venir nous ouvrir. Nous pénétrons sur la scène du crime au côté d’une tante. Pendant ce temps, nous sommes rejoints par le Chef de la communauté, Sa Majesté Laurent MBARGA , et la déléguée départementale des affaires sociales pour la Mefou et Afamba. La scène du crime est un immeuble de 2ème étage dont le rez-de-chaussée et le 1er sont, jusqu’ici, habitables, le dernier niveau étant encore en chantier et c’est là que le corps sans vie de l’adolescent a été découvert le 18 mars. Principal suspect, il s’agirait du père d’un camarade de la victime qui n’est nul autre que le locataire du studio situé à l’étage en-dessous et qui aurait même assisté à la séquence de découverte de la tragédie.<< Si j’avais su que c’était lui, je devais seulement en finir là>>, fulmine notre guide. << Ce sont les enfants du quartier qui sont venus nous alerter. Aussitôt, nous sommes arrivés ici. Divine était couché sur un contre-plaqué, son caleçon était posé à côté. ses selles, également ici à côté, ainsi que des vomissements. Un oreiller était également à côté>>, décrit la proche des éléments de la scène que nous avions pu contacter nous-mêmes.
Mais ici, plusieurs interrogations persistent. comment la fillette aurait-elle été assassinée sans pousser un cri qui aurait pu alerter le voisinage ? Pourtant, selon la famille, certains occupants de l’immeuble ont dit avoir entendu des cris vers 23h dans la nuit, mais ont cru à des hurlements d’ailleurs. Une femme qui habite dans l’immeuble qui a tenu à rester sous anonymat du fait de ses problèmes personnels, affirme n’avoir rien entendu et que le bourreau, une quarantaine sonnée, aurait bien pu neutraliser sa proie avant de commettre sa sale besogne. Elle nous confie également que le présumé assassin avait, le plus souvent, un comportement étrange et restait tout le temps enfermé avec ses trois enfants avec qui il vivait dans son appartement. Il avait d’ailleurs même vu il y a quelques temps partir sa compagne après une grosse dispute. L’infortuné, selon la même source, a aussi failli en venir aux mains avec la bailleresse alors qu’il comptait déjà plusieurs mois d’arriérés de loyers.
Selon les informations glanées ici, ce dernier serait entre les mains des autorités, notamment la gendarmerie nationale qui a repris la suite de l’enquête à la police. Au moment où nous quittons les lieux, plusieurs autorités dont le sous-préfet de Nkol Afamba et le Maire de céans était annoncé.
Au-delà de l’émotion, c’est toute une communauté qui attend des réponses fortes alors que la peur s’installe avec elle de nombreuses interrogations sur la sécurité des enfants de plus en plus en danger au Cameroun.
