Par Léopold Dassi Ndjidjou
C’est une victoire sur l’inertie, sur l’auto-neutralisation ou l’auto-annihilation permanente du football camerounais, se prend -on à rêver en ce jour de déménagement. Eto’o Fils, le patron des lieux, le “pasteur” comme l’accablent certains de ses contempteurs, a-t-il pris toutes les dispositions pastorales pour que les vieux démons ne déménagent pas de la vieille Maison hantée ? A Tsinga, que de gloires et que de disgrâces aussi !
A Tsinga, tout se passait exactement comme si le plus était le moins, et le moins le plus. Un sacré mélange de valeurs et de talents. Le seul fait pour Samuel Eto’o Fils de réussir à quitter les lieux est en lui-même une victoire. C’est en réalité aussi la victoire de Eto’o Fils sur lui-même, car à travers ce chef-d’œuvre, il franchit un cap et rentre davantage dans les habits neufs de manageur capé, plus conscient qu’il devra composer avec tout le monde, en dépit des attaques multiformes au quotidien.
Les plus belles victoires, les plus retentissantes, sont celles construites avec les adversités multiples. Pour que les démons qui puent la défaite, la déchéance du football camerounais chialent à jamais sous les catacombes à Tsinga, le pitchitchi devrait ratisser large pour qu’aucune compétence ne soit abandonnée sur le bas côté.
Les démons sont des mauvais esprits. Pour que la maison de verre de Warda soit une maison de transparence, le nec ultra sera une seule chose: le casting. Avec qui travailler au quotidien? Qui est le bon collaborateur? Le zélateur ou un délateur ? L’esprit démoniaque s’installe durablement quand on choisit un camp contre l’autre. C’est précisément ce qu’on appelle dans le microcosme camerounais les “Eglisiens” contre les “ Hiboux”. Des deux camps, le manageur Samuel Eto’o se doit d’être au-dessus de la mêlée, comme il l’est dans son bureau, une tour de contrôle.
C’est là tout le sens du déménagement du corps et d’esprit, c’est là tout le sens de l’inauguration du nouveau siège, un baptême de cœur et d’esprit, un baptême pour le renouvellement du football camerounais.
Pour terminer, l’un a labouré, l’autre a semé et le dernier a moissonné. Tous ont travaillé pour le Cameroun. Dieu seul a permis d’avancer et de garder les uns et les autres en vie.
