Par Zobel A Mbon
Selon le professeur David Chelo, pédiatre, près de 20% des décès infantiles au Cameroun sont liés à un défaut d’oxygénation. Ce traitement vital manque cruellement dans les formations sanitaires. Et lorsqu’il est disponible, son prix reste prohibitif pour de nombreuses familles : une bonbonne d’oxygène coûte environ 45 000 FCFA dans les hôpitaux publics, et plus encore dans le secteur privé.
Les concentrateurs, une alternative risquée
La pénurie d’oxygène conduit fréquemment à l’usage de concentrateurs, des appareils dépendants du courant électrique. Or, l’instabilité du réseau au Cameroun rend leur utilisation aléatoire, mettant en péril la vie des nourrissons en détresse respiratoire.
Réunis à Douala lors des 5ᵉ Journées des Réalités Pédiatriques africaines, les spécialistes ont lancé un appel pour garantir l’accès à l’oxygène pour tous, à un tarif abordable. Ils demandent au ministère de la Santé publique de subventionner sa distribution dans l’ensemble des structures de soins du pays.
Les travaux de Douala : Au-delà du plaidoyer
Ces journées, placées cette année sous le thème « L’oxygénothérapie en milieu pédiatrique camerounais », ont été l’occasion d’analyser en profondeur les freins rencontrés sur le terrain. Les discussions ont abordé la chaîne logistique, la formation continue du personnel soignant pour un usage sûr et adapté, ainsi que l’optimisation du matériel : concentrateurs, bouteilles et appareils de surveillance.
Le sujet retenu pour encadrer les travaux de Douala n’a pas été choisi au hasard. Il s’appuie sur des enquêtes de terrain qui ont nourri plusieurs thèses de médecine et mémoires de spécialisation en pédiatrie. Les participants ont confronté leurs pratiques autour de communications fortes, comme « Défi de l’oxygène médical au Cameroun : entre ruptures logistiques, contraintes économiques et urgence vitale » présentée par le professeur Chelo, ou « Oxygène, premier carburant de la vie pédiatrique » développée par le docteur Dikontar.
