Accueil » Cameroun | Patriotisme en question: Si les Camerounais groggy par la défaite des Lions pouvaient-ils l’être dans d’autres secteurs

Cameroun | Patriotisme en question: Si les Camerounais groggy par la défaite des Lions pouvaient-ils l’être dans d’autres secteurs

Quelqu'un a dit que si on vous explique le Cameroun et que vous le comprenez, c’est une évidence qu’on vous l’a mal expliqué.

by world top news
0 comments

Par Léopold DASSI NDJIDJOU

Davantage, on n’arrive pas à comprendre comment cela se fait-il que les Camerounais souffrent tant pour un match de football perdu. Curieusement face aux scandales de toutes sortes qui ternissent l’image du pays au quotidien, ils sont zens.

Pardi ! Tout juste pour un spectacle et par conséquent un loisir, les voilà tous malades, tous groggy au réveil comme s’il y avait un deuil national, à cause de la défaite toute justifiée, infligée par l’équipe nationale du Maroc aux Lions aux quarts de finales de la CanTotal Energies 2025. Le lendemain de la défaite des Lions Indomptables contre le Maroc a étalé au grand jour un attachement affectif de la Nation à son équipe fanion. C’est bien car à certains égards, ceci souligne de manière éclatante le patriotisme d’un peuple à l’égard de la terre chérie et qui plus est, son seul vrai bonheur.

On dira donc que les Camerounais sont jaloux de tout ce qui est leur patrimoine, de tout ce qui leur est échu en partage par les pères fondateurs de la Nations.
En dehors du sport et particulièrement du football, dans quel autre domaine le sentiment d’appartenance à la Nation est-il aussi fort? En dehors du maillot des Lions Indomptables que nous arborons fièrement, pour beaucoup aussi bien lors des victoires que des défaites, il existe quel autre liant? Déjà, le respect de la mémoire des nationalistes qui ont payé de leur vie pour l’indépendance à un certain niveau du Cameroun , est en question. Ce respect ne relève plus de l’ordre du sacré, car des acteurs politiques peuvent se lever sans aucune inquiétude et brocarder, profaner, jeter l’anathème en mondovision sur ces héros nationaux, sur ces figures fondamentales de la République, sans que les pouvoirs imposent le moindre appel à l’ordre.

C’est à se demander si en haut lieu on redoute une consolidation, une trop forte affirmation de l’appartenance à la Nation. On peut lire un zeste de soupçon derrière la prolifération des “tribalistes du septième jour”, des tribalistes sanctifiés et soutenus dirait-on, qui pullulent sur les plateaux de télévision et sur les réseaux sociaux aux fins de faire du Cameroun un capharnaüm à ciel ouvert d’agitations tribales; un conglomérat de communautés sociologiques que la politique oppose sur tout.

Dans une telle configuration, les vrais patriotes seraient issus de la communauté du tenancier du pouvoir d’État, les citoyens d’autres communautés sociologiques étant perçus ou s’affichant, peu ou pas,comme des antipatriotes car être patriote signifie avant tout soutenir le chef de l’État, être d’accord avec l’ordre établi et en partant les institutions républicaines. Voici donc le schéma brossé.
Qu’est-ce qui fonde dans un tel contexte donc l’appartenance à la nationalité camerounaise ? Le droit de posséder la Carte nationale d’identité ou le Passeport camerounais ou le droit de voter ou d’être éligible si les conditions sont remplies? Malheureusement, on a cette sinistre impression qu’en dehors de ces aspects, les Camerounais sont pour l’essentiel impassibles face aux différentes atteintes au patrimoine national.

L’opinion acclame les riches sans toutefois s’interroger sur les sources de l’enrichissement. Un détourneur de deniers publics est accueilli comme une élite, un modèle sans aucune question sur son cheminement. Si les Camerounais pouvaient souffrir collectivement face à toute atteinte au patrimoine national, comme ils le font lors de la défaite des Lions indomptables, il va de soi qu’il y a longtemps que l’émergence du Cameroun serait sur les rails. Aucun pays n’a émergé sans idéologie, sans éthique dans la pratique du pouvoir ou la gestion des affaires publiques au quotidien. Le cas des pays dits “les dragons de l’Asie du sud-est”, est là pour nous avertir. Le riche est la traçabilité de ses revenus!

You may also like

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest

0 Commentaires
Need Help? Chat with us
Panorama Papers
Support online
0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x
Send this to a friend