Par Armand Soussia
Le président camerounais Paul Biya, âgé de 93 ans, se trouve hors du Cameroun depuis un mois, dans le cadre d’un séjour privé en Europe annoncé par la présidence de la République. Sa dernière apparition publique remonte désormais à 48 jours, une absence prolongée qui continue de susciter de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique.
Ces dernières semaines, le magazine Jeune Afrique a rapporté que le chef de l’État aurait été hospitalisé à Genève, en Suisse. Le gouvernement camerounais a rejeté ces informations, les qualifiant d’infondées, tout en indiquant qu’un chef d’État pouvait recevoir des soins médicaux durant une période de repos à l’étranger, sans toutefois préciser la situation personnelle du président.
La polémique a pris une nouvelle dimension samedi lorsque Brenda Biya, fille du président, a publié une vidéo dans laquelle elle affirme que son père est « mourant ». À ce stade, ces déclarations n’ont fait l’objet d’aucune confirmation officielle et le gouvernement camerounais n’a pas réagi publiquement à cette sortie. Brenda Biya s’est déjà illustrée par le passé par des prises de position personnelles concernant la famille présidentielle.
En l’absence de toute communication officielle sur l’état de santé du chef de l’État, les spéculations continuent de circuler au Cameroun. Elles portent notamment sur la mise en œuvre des réformes institutionnelles attendues après la réélection contestée du président, notamment la nomination d’un vice-président et la formation d’un nouveau gouvernement.
Au pouvoir depuis 1982, Paul Biya est aujourd’hui le plus âgé des chefs d’État en exercice dans le monde. Il figure également parmi les dirigeants non monarchiques ayant exercé le plus longtemps le pouvoir sur le continent africain.
L’absence prolongée de Paul Biya intervient dans un contexte marqué par de nombreuses interrogations sur la transition politique au Cameroun. La communication très limitée des autorités sur les déplacements et l’état de santé du président alimente régulièrement les rumeurs et les spéculations, tandis que l’opposition et une partie de la société civile réclament davantage de transparence sur la conduite des affaires de l’État.
