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Cameroun | Pouvoir, scandales et manœuvres au sommet | Entre drogue, influence et visites papales

Entre disparition de cargaisons de drogue, proximité controversée de la première dame avec le secrétaire général de la présidence, recomposition du patrimoine présidentiel et visite papale imminente, le Cameroun traverse une période où politique, corruption et enjeux symboliques se mêlent au plus haut niveau de l’État.

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Par Ilyass Chirac Poumie

Au cœur de Yaoundé et Douala, le pouvoir camerounais est secoué par une série de scandales qui révèlent la fragilité des institutions et la porosité des circuits de pouvoir.
La disparition d’une cargaison de drogue saisie à Douala, évaluée à plus de 600 millions de Fcfa, a déclenché une enquête interne sous l’autorité du Délégué général à la sûreté nationale, Martin Mbarga Nguele. Selon cette enquête, les stocks ont été vendus sur le marché noir pour une trentaine de millions de FCFA, entraînant le limogeage du Commissaire divisionnaire Oumarou, ex-chef de la division régionale de la police judiciaire du Littoral. Des arrestations pourraient suivre dans les jours à venir.

Une source proche du sérail révèle que cette cargaison, ainsi qu’un lot précédent intercepté sur un bateau fantôme camerounais, aurait été en réalité utilisée comme moyen pour l’État en difficulté de trouver des ressources afin de soutenir une économie à genoux, illustrant le mélange de pratiques illégales et de besoins financiers urgents du régime.

Cette affaire rappelle un précédent : en janvier 2023, le Commissaire divisionnaire Babanguida Ahmadou, ex-chef de la police des frontières à l’aéroport de Douala, avait été limogé pour trafic de drogue et se trouve actuellement écroué à la prison centrale de Yaoundé Kondengui. Ces scandales répétés exposent un système policier et sécuritaire perméable aux intérêts privés et aux réseaux parallèles, renforçant le sentiment d’impunité.

Au sommet de l’État, la scène politique est tout aussi troublée. La première dame, Chantal Biya, apparaît de plus en plus proche de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, lors d’événements officiels comme la réception de la Saint-Valentin. Ce rapprochement, observé par de nombreux témoins, a provoqué un malaise visible chez Franck Emmanuel Biya, fils aîné du président, laissant entrevoir des tensions et une recomposition du pouvoir au sein du cercle familial et administratif.
Dans ce contexte, Franck Hertz, l’un des jumeaux de la première dame, prend une place croissante dans la gestion des marchés publics et des secteurs pétroliers, profitant du vide laissé par Franck Emmanuel Biya et consolidant l’influence de l’entourage direct de Chantal Biya sur les ressources stratégiques du pays.

À cela s’ajoute la polémique autour de la visite du Pape Léon XIV, prévue du 15 au 18 avril 2026 à Yaoundé, Bamenda et Douala. L’intellectuelle et romancière franco-camerounaise Calixthe Beyala dénonce la dimension politique de ce déplacement : « Un franc-maçon du 33ème degré appelé Léon XIV. Le pape sera au Cameroun, il serrera la main des criminels. Quelle différence entre lui et Trump ? Des Américains racistes. On peut assassiner des Camerounais, il s’en fiche. Il s’en va s’emplir les poches, c’est tout. Le Vatican est pauvre et moi, je cesse d’aller à l’église Catholique Apostolique. Et vous ? »
Le père Ludovic Lado, prêtre jésuite, alerte également sur le risque que la visite papale soit perçue comme une caution morale au régime et rappelle que la mission de l’Église consiste à défendre les opprimés et promouvoir la justice sociale.

Ces affaires — disparition de drogue, manipulation des institutions policières, montée en influence de Ngoh Ngoh et Chantal Biya, recomposition du patrimoine présidentiel et visite papale controversée — dressent le portrait d’un système profondément centralisé et fragile, où corruption, intérêts privés et enjeux symboliques se mêlent et où les institutions sont régulièrement instrumentalisées.

Le Cameroun est dirigé depuis 1982 par Paul Biya. Les scandales récents montrent la difficulté du pays à contrôler ses institutions, que ce soit dans la sécurité, l’économie ou la sphère symbolique et religieuse. La société civile et l’intelligentsia alertent depuis longtemps sur l’ampleur des manœuvres internes, la porosité du système et la concentration du pouvoir autour de l’entourage direct de la première dame.

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