Par Ilyass Chirac Poumie
Dans une analyse critique rendue publique, le citoyen camerounais David Atemkeng revient sur la modification constitutionnelle de 2008 qu’il considère comme « le premier vrai malheur du Cameroun ». David Atemkeng estime que cette réforme, combattue à l’époque par plusieurs acteurs de la société civile, a consacré de fait la présidence à vie et installé un désordre institutionnel durable.
Selon David Atemkeng, les conséquences de cette réforme sont aujourd’hui visibles à plusieurs niveaux. Sur le plan de la gouvernance, le pays serait, selon ses termes, « fortement sinistré », tandis que la cohésion nationale et le vivre-ensemble seraient « gravement malades ».
David Atemkeng souligne que la dérive institutionnelle actuelle trouve sa source dans cette modification constitutionnelle, qu’il juge responsable du ralentissement, voire de l’effondrement du processus de démocratisation.
Tout en affirmant son rejet du manichéisme en politique, David Atemkeng dit conserver du respect pour certaines personnalités ayant soutenu la réforme, espérant toutefois qu’elles mesurent aujourd’hui la portée de leurs choix. Pour lui, cette réforme a ouvert la voie à une descente progressive aux enfers du pays, perceptible dans le climat politique et social actuel.
David Atemkeng avertit enfin que la présidence à vie, même dissimulée dans un système se revendiquant démocratique, aura un coût collectif et individuel très élevé pour les Camerounais, appelant à une prise de conscience nationale et à un sursaut démocratique.
Adoptée en 2008, la modification de la Constitution camerounaise a supprimé la limitation des mandats présidentiels, permettant au chef de l’État de se représenter sans contrainte. Cette réforme avait suscité de vives contestations politiques et sociales, parfois réprimées, et continue, près de deux décennies plus tard, d’alimenter les débats sur l’avenir démocratique, institutionnel et politique du Cameroun.
