Par Joseph OLINGA N.
Malgré la proclamation des résultats de l’élection présidentielle par le Conseil constitutionnel, l’élection présidentielle du 12 octobre dernier, dont la victoire a été attribué au chef de l’État sortant, reste au coeur de l’actualité, pour un temps que peu d’observateurs pourraient déterminer. Tant la fièvre qui s’est emparée du pays semble, au fil des jours, faire grimper le mercure.
A la suite des acteurs de premier plan du processus, des observateurs indépendants et de l’essentiel des médias nationaux et internationaux, le magazine Jeune Afrique revient sur les incohérences de cette échéance électorale dont la victoire a été octroyé au chef de l’État sortant, Paul Biya avec un score de 53, 66% contre 36% pour son principal adversaire Issa Tchiroma Bakary, candidat du Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc).
Les disparités entre les résultats présentés par le Conseil constitutionnel et les données consignées dans les procès verbaux signés par les mandataires de l’organe en charge de l’organisation des votes au Cameroun sont telles que l’on assiste à un inversement radical des chiffres lors de la publication des résultats par le Conseil constitutionnel. Les données compilées par les organisations indépendantes créditent en effet Issa Tchiroma d’un score plus ou moins supérieur à 60% des suffrages exprimés contre environs 35% pour Paul Biya.
Les données soumis à l’analyse des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre au Cameroun ont pour principale référence les chiffres issues des dix-huit (18) départements qui constituent à eux seuls 80% de l’électorat camerounais. Des circonscriptions électorales dans lesquels le candidat Issa Tchiroma Bakary remporte l’élection avec plus de 60% des suffrages exprimés en sa faveur.
Le Nord-est et le Sud-ouest en viviers électoraux
Puis vient le contraste existant entre le nombre d’inscrits par région qui, pour la première fois, indique que la région du Centre supplante celle de l’Extreme-Nord, considérée comme vivier électoral traditionnel et historique du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) et de son candidat Paul Biya qui y a d’ailleurs tenu son seul et unique meeting de campagne.
Autres curiosités du scrutin du 12 octobre dernier au Cameroun, les nombres d’inscrits et les scores déclarés en faveur de Paul Biya dans les régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest Considérablement dépeuplées du fait de la crise sécuritaire qui y sévit depuis une dizaine d’années. Mais aussi du fait de la forte aversion des populations locales vis-à-vis de Paul Biya, chef de l’État au pouvoir central depuis 43 ans.
Confrontations des données.
Les contestations post-électorales, à l’origine des centaines de morts parmi les civils et des milliers d’interpellations trouvent aussi leur carburant dans le rôle trouble d’Elections Cameroon et le Conseil constitutionnel, principaux acteurs de la gestion des élections au Cameroun. Dans l’un comme dans l’autre, les contestations portées par les partis de l’opposition n’ont guère prospérées. Les deux organes s’étant opposé à la confrontation des données électorales demandée par certains partis de l’opposition.
Englué dans une contestation électorale qui gagne en intensité au fil des jours, le Cameroun est désormais scruté par tous. Entre le déploiement de l’arsenal répressif du régime en place et la détermination des soutiens d’Issa Tchiroma Bakary qui n’entendent pas céder à l’intimidation, bien malin qui saura dire l’issue de cette élection présidentielle dont le Conseil constitutionnel vient de déclarer Paul Biya vainqueur à l’âge de 92 ans, pour un autre mandat de sept ans.
