Par Serge Aimé BIKOI
Appartenant à toutes les catégories sociales, à toutes les ethnies et à toutes les confessions religieuses, ces femmes et filles du Cameroun se tiennent devant l’opinion publique nationale et internationale; déterminées à jouer un rôle fondamental dans la construction du pays qu’elles veulent. En l’état actuel, la gouvernance de l’État inflige aux citoyennes d’innombrables souffrances. Alors, que veulent les femmes et filles camerounaises de manière concrète dans la déclaration publique qu’elles ont lue au terme de cet événement ? Edith Kah Walla, la coordonnatrice nationale du mouvement Stand up for Cameroon répond :
“Les femmes ont articulé leur déclaration en trois différentes phases:
1. Ce qu’elles veulent du pouvoir politique au Cameroun, qui est déterminant. Elles disent qu’elles veulent essentiellement un pouvoir politique qui respecte les droits humains et, particulièrement, les droits des femmes.
2. Elles veulent un Cameroun, où le développement met fin à l’inflation galopante qui, chaque jour, assèche le panier de la ménagère ; favorise une croissance économique qui offre des emplois décents et des opportunités entrepreneuriales, particulièrement pour les femmes et les jeunes; transforme des secteurs clés tels que l’agriculture en pôles de prospérité et d’emplois décents.
3. Elles veulent un Cameroun où des femmes et filles sont des citoyennes égales, pleines et indépendantes, libres d’assurer leur bien-être personnel et leur épanouissement personnel”.
Des femmes et filles camerounaises parlent également de justice et exigent que l’on mette fin aux violences dont elles sont victimes. Tous les groupes de toutes les régions, de toutes les classes sociales ont mentionné les formes de violences comme un fléau dans la société.
“Nous voulons aussi avoir un accès équitable à l’éducation politique, sociale, économique et voulons avoir accès aux postes dans les sphères de prise de décisions afin de prendre des décisions qui impactent leur vie”,
ajoute Kah Walla.
Au cœur de cet événement ayant mobilisé des centaines de femmes et filles dans le siège des institutions de la République, l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes(Alvf), qui a fait le diagnostic des discriminations sociale, politique, économique et culturelle dont elles sont victimes au quotidien. Elise Memong Meno, présidente nationale de l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes, analyse l’état des besoins et desiderata de ses pairs et explique le bien-fondé de la déclaration publique commise à l’issue de ce rassemblement national des femmes.
“Nous nous battons pour les femmes pour un Cameroun de demain. Nous vivons dans un environnement violent. Avec toutes ces crises, ces guerres et ces batailles politiques, c’est la femme qui en pâtit et qui est mise à l’écart. Dans nos ménages, avec la crise économique, ce sont les femmes qui subissent le prix des frustrations des hommes. Nous sommes, à tous égards, confrontés à la violence”,
fulmine E. Memong.
Cette dernière estime que si les femmes ne se mobilisent pas et ne coalisent pas leurs efforts pour combattre ces vices, leur action sera vaine. La déclaration publique commise est destinée à toutes les strates administratives et a, fortiori, à tous les candidats retenus pour l’élection présidentielle du 12 octobre. Afin que leur voix soit entendue et prise en compte dans les politiques publiques en matière de développement au Cameroun.
