Par Ilyass Chirac Poumie
Approché par des émissaires venus de Yaoundé, il aurait cru flairer la bonne affaire : dix millions de francs Cfa et un strapontin de sous-directeur au conseil régional de l’Extrême-Nord, à condition de claquer la porte du parti d’Issa Tchiroma et d’entraîner dans son sillage une vague de démissions.
Trop pressé de toucher ses « dix bâtons », Mal Baba Yaya a rédigé sa lettre de démission et revêtu la tenue du Rdpc, pensant que le jackpot était dans la poche. Sauf que le Fsnc, déjà informé de la combine, a sorti l’artillerie lourde : une note officielle annonçant son exclusion, jetant ainsi à la vindicte publique celui qui se voyait déjà « transhumant doré ».
Pris à son propre piège, le nouveau militant du Rdpc réclame désormais son pactole. Mais Yaoundé lui a opposé une fin de non-recevoir : pas de démissions collectives, pas de millions !
« Il a cru que la politique se réduit à un marché de dupes. Résultat : il se retrouve ni avec son parti d’origine, ni avec ses 10 millions »,
raille un cadre du Fsnc.
Du côté du Rdpc, on botte en touche. « Une simple agitation », souffle un responsable local, visiblement gêné par la tournure embarrassante de l’affaire. Quant aux autorités administratives, elles observent ce théâtre politique avec un silence prudent.
À un mois de la présidentielle du 12 octobre, ce coup raté révèle les méthodes de séduction brutales et parfois humiliantes qui se jouent dans l’Extrême-Nord, région convoitée pour son poids électoral. Et il consacre surtout la chute spectaculaire d’un homme qui pensait monnayer sa fidélité mais qui se retrouve aujourd’hui isolé, ridiculisé et bredouille.
