Par Arlette Akoumou Nga
Maurice Kamto, ancien leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), a tenté, dans les semaines précédant la présidentielle du 12 octobre, de se faire désigner comme candidat du Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc), en remplacement d’Issa Tchiroma Bakary.
D’après Yves Plumey Bobo de Jeune Afrique, Cette initiative fait suite à l’écartement de Kamto du scrutin, son dossier ayant été déclaré irrecevable pour « pluralité d’investitures » après son dépôt le 18 juillet sous la bannière du Manidem d’Anicet Ekane. Pour conserver un rôle central au sein de l’opposition, il a d’abord cherché à favoriser un « candidat consensuel » capable de rassembler les bases électorales éclatées, explorant notamment une alliance avec Bello Bouba Maïgari de l’Undp. Cette première tentative a échoué en raison de divergences internes entre partis.
Se tournant ensuite vers Issa Tchiroma Bakary, les stratèges de Kamto ont proposé que ce dernier devienne le candidat du Fsnc, une manœuvre destinée à contourner sa disqualification officielle. Le parti a refusé toute négociation, Tchiroma Bakary maintenant sa candidature, soulignant sa volonté d’incarner un « Cameroun nouveau » et dénonçant l’exclusion de Kamto.
Faute d’accord, le Mrc n’a émis aucune consigne de vote pour le 12 octobre. Maurice Kamto s’est contenté d’un communiqué neutre, sans félicitations ni reconnaissance formelle du vainqueur autoproclamé, aujourd’hui « président élu » en exil en Gambie.
Maurice Kamto reste une figure majeure de l’opposition camerounaise depuis plusieurs années. Son exclusion du scrutin de 2025 a renforcé sa stratégie de repositionnement tactique au sein de l’opposition, révélant les difficultés d’unification et les rivalités persistantes entre partis opposants au Cameroun.
