Par Serge Aimé BIKOI
Le Cameroun se prépare à une élection présidentielle capitale dans une atmosphère de tensions socio-politiques. Le président sortant, Paul Biya au pouvoir depuis 43 ans, envisage, à l’âge de 92 ans, de briguer un nouveau mandat en dépit des appels incessants d’un groupe d’intellectuels et de leaders d’opinion l’invitant à quitter la barque. Le pays est aussi enlisé dans une crise anglophone ayant causé, selon International crisis group, plus de 6.000 morts et déplacé des centaines de milliers de personnes rendant la tenue d’élections crédibles difficile dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Le rejet de la candidature de Maurice Kamto du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) a exacerbé les tensions et plongé les forces politiques de l’opposition dans le désarroi. Eu égard à cette situation, Abdouraman Hamadou Baba propose un cadre stratégique pour éviter la dispersion des forces du changement et maximiser les chances de victoire face au régime en place.
La proposition Lcpc-Restore Hope (Large coalition du peuple pour le changement) s’articule autour d’un objectif stratégique unique: renverser la dictature et instaurer la démocratie. Dans le dessein d’y parvenir, trois axes opérationnels sont esquissés. Premièrement, la création d’une large coalition du peuple pour le changement incluant Issa Tchiroma Bakary, candidat du Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc), Bello Bouba Maigari, candidat de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) et Maurice Kamto, candidat recalé du Manidem, mais dont la consigne de vote est attendue depuis le 5 août, jour où le conseil constitutionnel l’a écarté de la course à la magistrature suprême. Selon des sources concordantes, cette coalition est initiée par une requête des candidats du Fsnc et de l’Undp vers M. Kamto, plaçant ces derniers en position de demandeurs, idéalement après avoir décidé qui portera l’étendard de la Lcpc-Restore Hope.
Le médiateur, Abdouraman, joue un rôle central dans cette phase pour faciliter le rapprochement des protagonistes et dissiper les risques de trahison. Deuxièmement, la projection d’une période de normalisation de 18 à 24 mois après la présidentielle incluant une conférence nationale souveraine, une réforme électorale pour organiser une présidentielle à deux tours et un audit économique. En troisième lieu, la Large coalition du peuple pour le changement inscrit le déploiement d’un plan de bataille en deux phases: participer aux élections et mobiliser les citoyens pour défendre la voix du peuple, y compris un contentieux électoral si nécessaire.
