Par Hajer Elina
L’organisation Project C, regroupant des membres influents de la diaspora camerounaise, a fermement condamné l’investiture de Paul Biya, qualifiée d’« illégitime et contraire à la volonté populaire ». Dans un communiqué rendu public ce jeudi, le mouvement affirme que la cérémonie tenue à l’Assemblée nationale s’est déroulée dans un climat d’intimidation, sans reflet de la souveraineté du peuple, comme le stipule l’article 2 de la Constitution.
Selon Project C, le maintien de M. Biya au pouvoir repose non sur la légitimité électorale, mais sur « la force militaire et la répression sanglante des citoyens pacifiques ». L’organisation évoque près de cinquante morts et plus d’un millier d’arrestations arbitraires depuis l’annonce de la réélection contestée du chef de l’État.
Le communiqué pointe également du doigt une tentative d’enlèvement d’Issa Tchiroma Bakary, principal rival de Paul Biya lors du scrutin du 12 octobre 2025, qu’il qualifie de « manœuvre désespérée » visant à étouffer la dissidence politique. « Ces actes ne traduisent pas l’autorité d’un gouvernement légitime, mais la peur d’un régime aux abois », souligne le texte.
Project C estime que le peuple camerounais s’est déjà exprimé pour le changement, notamment à travers les trois journées de « ville morte » observées dans tout le pays malgré la répression. L’organisation en appelle à la communauté internationale pour qu’elle refuse de reconnaître la réélection de Paul Biya et soutienne « une transition pacifique et démocratique » autour d’Issa Tchiroma Bakary, présenté comme le véritable vainqueur moral du scrutin. La réélection de Paul Biya à l’issue du scrutin du 12 octobre 2025 continue de susciter une vague de contestations internes et internationales. Plusieurs organisations civiles et politiques ont dénoncé un processus électoral « truqué » et une répression sans précédent des manifestants. De son côté, le gouvernement soutient que la légalité du processus a été respectée et accuse certains acteurs de la diaspora de « sédition et manipulation politique ».
