Par Joël Onana
Au terme de deux journées d’audiences particulièrement attendues dans le procès de l’assassinat de Martinez Zogo, les interrogations restent plus nombreuses que les certitudes. Les témoignages présentés par le ministère public, notamment ceux d’Alain Ekassi et d’autres témoins cités, se sont révélés essentiellement indirects et parfois contradictoires.
À la barre, Alain Ekassi a affirmé avoir été informé par l’intermédiaire d’un proche, Georges Aliga, au sujet d’un message mettant en cause Martin Savom, l’ancien maire de la commune de Guidiguis, présenté comme l’un des auteurs de l’assassinat du journaliste. Mais interrogé plus avant, le témoin a reconnu qu’il ne tenait pas cette information de faits observés personnellement, mais d’un simple relais d’un tiers.
L’audience a également abordé l’hypothèse, largement relayée sur les réseaux sociaux, d’un lien supposé entre Martin Savom et le secrétaire général de la présidence de la République. Une affirmation qui, selon plusieurs sources crédibles citées au cours des débats, ne repose sur aucun élément concret. Il a par ailleurs été rappelé qu’aucune audience ni relation directe n’a jamais été établie entre les deux hommes, contredisant l’idée d’un prétendu deuxième commando lié au camp de Jean Pierre Amougou Belinga.
Concernant enfin l’évocation du cas de Monseigneur Jean Marie Benoît Bala, Ekassi a reconnu qu’il n’avait pas été témoin direct des faits qu’il mentionnait, déclarant tenir cette information d’une connaissance, sans fournir d’éléments permettant d’en vérifier la véracité.
Ces révélations successives ont ravivé les doutes sur la solidité des accusations visant Martin Savom et mis en lumière les défis persistants autour de la transparence et de la recherche de la vérité dans ce procès hautement sensible.
Le journaliste Martinez Zogo, directeur de la radio Amplitude FM, avait été enlevé puis retrouvé mort en janvier 2023 dans des circonstances ayant profondément choqué l’opinion publique. Son assassinat a ouvert une vaste enquête ayant conduit à l’arrestation de plusieurs personnalités, dont l’homme d’affaires Jean Pierre Amougou Belinga et divers responsables sécuritaires. Le procès, toujours en cours, est suivi de près par la société civile et la communauté internationale, dans un climat où chaque nouvelle audience réactive les attentes de justice et de clarté.
