Par Ilyass Chirac Poumie
Lors des récentes audiences du procès de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, des témoins appelés par l’accusation ont livré des déclarations fondées principalement sur des propos rapportés, et non sur des observations directes. Alain Ekassi a notamment reconnu avoir transmis des informations reçues via un intermédiaire — un certain Georges Aliga — selon lesquelles Martin Savon, ex-maire de Guidér, serait impliqué. Ekassi a toutefois précisé qu’il s’agissait de récits relayés et non de faits qu’il avait personnellement constatés.
D’autres allégations évoquant l’existence d’un deuxième commando ou des liens entre certains suspects et des membres de l’appareil d’Etat se sont révélées, dans les investigations menées par la rédaction, insuffisamment étayées. Des sources crédibles contactées indiquent qu’il n’existe pas de preuve formelle d’une proximité entre Martin Savon et le secrétaire général de la présidence, contrairement à ce qui a pu circuler.
S’agissant de l’affaire relative à Monseigneur Bala, le témoin a aussi admis n’avoir été qu’un porte-voix d’informations apprises par des tiers. Au regard de ces éléments, la procédure devra désormais clarifier la chaîne de transmission des témoignages et rechercher des preuves matérielles directes capables d’étayer les allégations.
Le dossier Martinez Zogo, ouvert après l’assassinat du journaliste en janvier 2023, a pris une dimension politique et médiatique considérable. Plusieurs personnalités et responsables sécuritaires ont été impliqués, et l’affaire soulève des questions sur la transparence des enquêtes et la robustesse des éléments présentés en justice. Dans ce contexte sensible, la justice est confrontée au défi de distinguer les témoignages de bonne foi des rumeurs et des insinuations susceptibles d’entacher le procès.
