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Cameroun > Promotion de la paix: Les communicateurs confessionnels à l’école du Cnc

Ce 8 novembre 2022, la salle de conférence du Conseil des Eglises protestantes du Cameroun (Cepca) a servi de cadre à ce séminaire de renforcement des capacités des communicateurs croyants.

Par panorama
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Par Léopold DASSI NDJIDJOU

Le Conseil national de la communication (Cnc), a recruté les gros calibres à son école. Aussi bien le Cepca, l’Eglise catholique que la communauté musulmane étaient sur les bancs pour des échanges francs et directs.

Pour ce faire, Joseph Chebonkeng Kalabubse et les siens ont structuré ce moment de partages en plusieurs modules qui se sont déclinés en exposés. C’est le révérend Libom Li Likeng qui a ouvert le bal des interventions avec son exposé portant sur le thème « l’Eglise vecteur de paix et cohésion sociale ».

D’entrée de jeu, il a indexé le racisme comme étant la toile de fond de tant de maux dans le monde. En Afrique, le tribalisme qui est une de ses manifestations, menace la paix et surtout quand on en vient à la consacrer comme une idéologie, avec la mise en relief des clichés, des stigmates de l’autre, véhiculés à travers un discours haineux. Pour sortir de ces travers, il a prescrit le juste traitement de chaque personne. C’est là l’équité ! Elle seule pourra aider à la construction d’une société de paix, plus inclusive et harmonieuse.

Il a aussi indiqué que la politique est perçue aujourd’hui au Cameroun comme un facteur très clivant, « c’est le venin de la division, de la haine ». Avec les différentes crises qui traversent le Cameroun actuellement, l’Eglise et les croyants doivent se préparer à donner un message de paix et de foi. Il faudrait aussi, un dialogue interreligieux pour faciliter la compréhension réciproque car c’est la religion qui est faite pour l’homme et non l’inverse. L’Eglise doit participer davantage à la paix et à la cohésion sociale, à travers une socialisation des mases, le vivre ensemble. Il faut, a-t-il insisté, que les croyants s’identifient à Abraham le père de la foi, qui a quitté Canaan pour aller vers une destination inconnue, en obéissance à Dieu.

En ce temps où les Camerounais des régions en crise se déplacent, les chrétiens doivent les accueillir à bras ouverts avec amour. Qui peut savoir quel est le destin que Dieu accorde à ces âmes qui fuient les zones de conflit ? L’Eglise doit être le modèle et montrer la voie à suivre dans ce sens. Elle doit dans cette dynamique s’investir dans des secteurs vitaux de la société comme la santé, l’enseignement et l’évangélisation pour le salut des âmes. « Un discours de paix, d’accueil et de foi peut régler beaucoup de choses », a-t-il insisté avant de conclure que « le Cameroun ne doit pas être un pays des autochtones et des allogènes, mais le pays de tous les Camerounais ». Il va sans dire qu’il faut réconcilier les peuples avec leur culture.

Après lui, le modérateur de la séance, Joseph Chebonkeng Kalabubse, a donné la parole au Père Tatah dont l’exposé portait sur « la justice comme élément central pour la promotion de la paix ».
La grammaire de la paix
Qu’est-ce que la paix ? Tel est le questionnement qui a fécondé la pensée de Father Tatah. La paix a-t-il martelé, n’est pas une absence de guerre comme beaucoup le croient aujourd’hui. La paix vient du hébreux « Shalom ». On parle de paix lorsqu’une personne se sent en sécurité, aimée et intégrée dans une communauté. Sans la justice, il n’y a pas la paix. La justice est une condition sine qua non de la paix.

En deuxième lieu, le prélat a défini la justice comme un fait. Il est question de donner à chaque homme, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, de se sentir comme tel. La justice consiste à donner à chaque homme son humanité, ce sentiment qui est un fait, qu’il est égal à tous ses semblables car créé par Dieu. Ce monde, quand Dieu l’a créé, il l’a donné en possession à l’homme. La terre est donc notre maison commune. Et précisément parce que nous sommes tous pareils, nous avons tous besoin de la paix sociale. « Nous sommes tous frères et sœurs », lance-t-il. Mais modère ses propos en indiquant que si un individu agit mal, il agit mal contre tous.

La justice veut que tout homme qui a causé le tort, répare le préjudice ou subit la peine. Il y a les principes dans la vie, et c’est cela la grammaire de l’existence. La liberté n’a jamais signifié que l’on doive faire tout ce que l’on veut car la liberté n’est pas la licence. « Pas de paix sans justice », comme le déclarait Martin Luther King, doit être aujourd’hui fondamental dans la gestion ou la prévention des crises, a réaffirmé Father Tatah. La troisième interrogation a été comment réconcilier la paix et la justice. Il a insisté qu’il est capital et impérieux de respecter la vie humaine, le sang humain.

Cette vie est plus importante que toute autre chose sur terre. Communiquer est une invitation à un rituel. Dialoguer, communier sont des mots synonymes. Il est important de suivre la tradition, les cultures dans la gestion des crises. Dans nos traditions, avant qu’un chef n’aille rejoindre ses ancêtres, on sait déjà qui va prendre le relais. Le prélat en a profité pour indiquer qu’il ne croit pas à la Négritude mais à la Trigritude prônée par le Nigérian Soyinka. Le Tigre ne fait pas la littérature sur sa parure mais il bondit sur sa proie et la dévore.
Un rappel déontologique du journalisme
Un autre point caractéristique des autres interventions a porté sur le rappel des bonnes pratiques du journalisme. Ainsi, « la communication de crise », thème exposé par Samson Websi ; « la lutte contre les dérives médiatiques dans les réseaux sociaux : comment combattre le discours de haine et la désinformation », exposé par Baba Wame ; « l’écriture journalistique : l’abécédaire du journalisme (radio, télé, presse écrite) », exposé par Gemnda Bunda ; « Conférence de rédaction : quand, comment et pourquoi ? », exposé par Joseph Chebonkeng Kalabubse, ont rappelé les séminaristes au scrupuleux respect des règles qui encadrent la profession. Les participants ont été édifiés sur le rôle capital qu’ils doivent jouer pour la préservation de la paix sociale.

On est de ce fait revenu à la tristement célèbre « radio mille collines » au Rwanda. Il faut préciser que ce séminaire se justifie par le fait qu’au regard du foisonnement des médias confessionnels et de leur rôle indéniable dans la promotion de la paix au Cameroun, il importe de renforcer les capacités des communicateurs sur la prise en compte des exigences éthiques et déontologiques en la matière dont le Cnc est le garant. Au sortir des échanges après les débats, il s’est dégagé une nette convergence de remerciements à l’endroit de Joseph Chebonkeng et les siens pour la tenue de ce séminaire.

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