Par Hajer Elina
L’avocate Félicité Esther Zeifman a publiquement mis en cause le ministre délégué à la Justice, Jean De Dieu Momo, l’accusant d’avoir tenu des propos diffamatoires à l’encontre de son père défunt, Jean Bernard Nkolo Fanga, qu’il aurait qualifié de criminel lors d’un échange public avec l’avocat Emmanuel Simh.
Dans une lettre adressée au membre du gouvernement, Félicité Zeifman estime que de tels propos sont d’autant plus graves qu’ils émanent d’un responsable chargé de l’administration de la Justice. Elle rappelle qu’une décision de justice a condamné Jean De Dieu Momo au versement de 7 500 euros de dommages et intérêts, décision qui, selon elle, n’a pas été exécutée.
L’avocate réfute l’argument avancé par le ministre selon lequel la somme aurait été versée aux impôts. Elle affirme détenir un courriel des services fiscaux confirmant qu’aucun paiement n’a été effectué à cette fin, dénonçant ainsi un manquement supplémentaire au respect du droit.
Félicité Zeifman souligne également que son père avait reçu, à son décès, les hommages de la République et que sa famille avait été reçue par le président Paul Biya. Elle considère que les propos du ministre portent atteinte à la mémoire du défunt et à la dignité de sa famille.
Sans réclamer d’excuses, l’avocate exige l’exécution complète de la décision judiciaire rendue contre le ministre, estimant qu’il s’agit d’une obligation légale et morale.
Les accusations de diffamation et de non-exécution des décisions de justice visant des responsables publics suscitent régulièrement des controverses au Cameroun. Elles ravivent le débat sur l’exemplarité des autorités, le respect de l’État de droit et l’indépendance de la justice, dans un contexte où les prises de position publiques de membres du gouvernement sont étroitement scrutées par l’opinion.
