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Cameroun | Recensement général de la population: Doutes et incertitudes autour d’une procédure viciée

Prévu pour 25 jours, le recensement général de la population, de l’habitat, de l’agriculture et de l’élevage qui vient d’être prorogé suscite des doutes quant aux résultats escomptés. Entre absence des rémunérations dues aux agents, difficultés à quadriller le triangle national et questionnements sur le financement de la deuxième phase de l’opération, le quatrième recensement général de la population pourrait produire des résultats erronés

by world top news
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Par Joseph OLINGA N.

Rarement le gouvernement camerounais a marqué une halte pour prendre en compte les observations des acteurs sociaux et de l’opinion pour ajuster un processus en cours. L’on pourrait dire que la décision de proroger la phase de collecte du quatrième recensement général de la population, de l’habitat, de l’agriculture et de l’élevage parait une innovation dans les habitudes de gouvernance publique au Cameroun.

Et, là s’arrête l’aggiornamento du gouvernement camerounais.

Prévu du 24 avril au 29 mai dernier, le recensement général de la population, de l’habitat, de l’agriculture et de l’élevage est prorogé jusqu’au 29 juillet prochain dans la perspective d’ajuster les dysfonctionnements qui ont émaillé la première phase de cette initiative qui vise à avoir une idée précise du nombre de personnes vivant au Cameroun, évaluer l’habitat et le potentiel agricole existant. Sauf que des incohérences résident toujours dans le processus de correction annoncé par le gouvernement.

Prorogé, a priori, pour apporter des réponses aux revendications des agents recenseurs, le paiement des salaires et des frais de formation, au centre de la grogne qui a perturbé le bon déroulement du quatrième recensement de la population organisé au Cameroun reste intacte. Pour illustration les salaires promis à hauteur de 150 mille Francs par agent restent impayés chez la plupart des agents recenseur recrutés par le Bureau central des recensements et des études de populations (Bucrep). Idem de la fourniture des kits de premier secours, la prise en compte du paiement des frais de transports, la mise en place d’une logistique appropriée aux zones enclavées et la communication du calendrier de paiements des décadaires.

Des revendications relativisées par la structure coordinatrice du quatrième recensement général de la population, de l’habitat, de l’agriculture et de l’élevage. Au Bucrep, l’on dénonce la « mauvaise foi de certains agents recenseurs ». Approchée par le reporter, la direction générale du Bucrep soutient que « tous les paiements des salaires et autres frais sont régulièrement payés, conformément au protocole mis en place par le projet d’harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre. » La direction du Bucrep explique aussi que « De nombreux agents recenseurs ont fourni des comptes ne correspondant pas à leurs identités. » En clair, les noms apparaissant lors des envoies d’argent effectués à travers les opérateurs de téléphonie mobile locaux ne correspondent pas souvent aux données enregistrées dans les fichiers transmis au Bucrep par les recrues.

Au sujet de la revendication liée à la mise à disposition de la logistique ainsi que le réajustement des primes et salaires dans les zones enclavées, la direction générale du Bucrep souligne à priori que « les agents recenseurs ont été recruté sur la base des lieux de résidence qu’ils ont mentionné dans leur dossier. » De même que le Bucrep indique que « les contrats signés par les agents recenseurs indiquent clairement le montant de leur salaire. Certains ne peuvent pas exiger la revalorisation des salaires alors que les salaires qui leurs sont verser ont été consenti dès l’entame de l’opération de recensement. Sauf volonté de perturber ou saboter le recensement en cours. » Des explications remises en causes par de nombreux agents recenseurs.
Les doutes autours de la prorogation de la quatrième opération de dénombrement de la population, des habitats, de l’agriculture et de l’élevage sont aussi nourris par la capacité du gouvernement a atteindre ses objectifs alors même que des sources internes indiquent que le budget voté pour la première phase de l’opération a difficilement couvert les frais.

Du coup, comment le Bucrep entend-t-il poursuivre le quatrième recensement général de la population, de l’habitat, de l’agriculture et de l’élevage ?
Initialement prévu à 60 milliards de Francs Cfa, le budget du quatrième recensement général de la population, de l’habitat, de l’agriculture et de l’élevage a été revu à 13,28 milliards de Francs Cfa dont sept milliards débloqués par la Banque mondiale et 6,26 milliards par le gouvernement camerounais. A l’observation, moins du tiers du budget nécessaire à la conduite du processus de dénombrement et de mise à jour des données démographiques aura été mobilisé entrainant les résultats polémiqués ayant conduis à la prorogation du quatrième recensement général de la population.
Interrogée sur la question du financement de la deuxième partie du processus correspondant au quatrième recensement général de la population, la direction générale du Bureau central des recensements et étude de la population indique variablement que « Il s’agit du même recensement.

En cas de besoin, des ajustements peuvent être faits par les parties prenantes. » Sauf qu’approché, un cadre gouvernemental soutient que « le Bucrep est doté de moyens lui permettant de poursuivre le recensement en toute sérénité. »

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