Par Eric Boniface Tchouakeu
La ville de Bamenda est, il faut le relever, la capitale de la région du Nord-Ouest, qui est également l’un des épicentres de l’insurrection séparatiste, en cours depuis bientôt dix (10) ans, dans les deux régions anglophones, insurrection elle-même consécutive à la crise dite anglophone, une grave crise sociopolitique sans précédent qui avait éclaté au grand jour un an plutôt.
Certaines des conséquences néfastes de cette situation ont été présentées au Souverain Pontife à la cathédrale Saint Joseph de Bamenda, où ce dernier a rencontré des leaders d’autres confessions religieuses et traditionnels de la région entre autres.
Le Pape Léon XIV y a lancé un appel à la paix et lâché symboliquement des colombes de couleur blanche à l’esplanade de cette cathédrale. L’évêque de Rome a ensuite réitéré cet appel devant des dizaines de milliers de personnes, lors de la célébration de la messe qui a suivi à l’aéroport de Bamenda, ré ouvert pour l’occasion , après avoir été fermé depuis 2019 suite à une attaque des groupes séparatistes contre un avion de la compagnie nationale aérienne.
Les séparatistes avaient décrété trois (03) jours de cesser le feu unilatéral pour la circonstance.
L’archevêque de Bamenda, Monseigneur Andrew Nkea, a souhaité que les prières du Pape Léon XIV, puissent ramener la paix dans les régions anglophones du Cameroun, où environ six(06) mille personnes, essentiellement des civils, ont déjà été tuées, du fait de la crise qui y sévit, laquelle a par ailleurs contraint environ un million d’autres à fuir ailleurs selon des sources indépendantes.
« Quelle suite après la visite du Souverain Pontife à Bamenda? », s’est demandé Monseigneur Andrew Nkea, par ailleurs, Président de la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun, qui pense qu’il faut agir en surfant sur la visite papale pour résoudre définitivement la crise anglophone.
Dans une déclaration commune signée le 25 avril intitulée : « appel à l’action après la visite du Pape Léon XIV », douze (12) organisations de la société civile regroupées au tour de la plateforme dénommée « action civile 237 », exigent l’ouverture immédiate et sans condition d’un dialogue direct, inclusif et structuré sur la crise anglophone.
Cette plateforme édicte ensuite cinq critères pour qu’un tel dialogue soit couronné de succès.
On peut citer entre autres, une représentativité authentique, sincère et inclusive.
Elle doit selon les organisations affiliées à la plateforme, inclure les représentants des idéologies de la séparation, de la fédération, de l’état unitaire comme solution, ainsi que des acteurs de la société civile présents sur le terrain et dans la diaspora.
Les organisations de la société civile proposent aussi que l’actuel archevêque de Bamenda, et le Nonce Apostolique, représentant du Vatican au Cameroun, soient les facilitateurs, c’est-à-dire des quasi médiateurs, lors futur dialogue qui devrait avoir un agenda substantiel et une observation internationale.
Avant ces organisations, Le diplomate Simon Munzu, a dans une sortie publique relancé l’idée de l’organisation de l’Anglophone General Conference, (AGC),une Conférence Générale des Anglophones, afin d’arrêter les souhaits des ressortissants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, pour ensuite les exposer au cours d’un nouveau dialogue avec le pouvoir en place au Cameroun.
Si00pmon Munzu, avocat et ancien haut fonctionnaire du système des Nations Unies, pa0⁰avait déjà essayé cette même initiative sans succès pendant les premières années de la crise anglophone, en compagnie du Cardinal Christian Tumi, aujourd’hui de regretté mémoire.
Mais son idée est encore d’actualité puisque soutenu par d’autres personnalités originaires de la zone anglophone du Cameroun comme le défenseur des droits humains, Maître Felix Nkongho Abgor Balla, ou encore l’historien Willibroad Dze Ngwa, qui se sont publiquement exprimé en faveur de l’organisation d’une Conférence Générale des Anglophones, parmi les préalables de la résolution définitive de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Tout cela démontre que de nouvelles initiatives porteuses d’espoir d’une résolution rapide et définitive de la crise anglophone, sont de retour après le quasi échec du Grand dialogue national qui y avait été consacré en fin septembre, début octobre 2019.
Le pouvoir peut s’il en la volonté, suivre ce vent qui semble favorable dans le prolongement de la visite au Cameroun du Pape Léon XIV, pour résoudre cette crise dévastatrice qui dure depuis une dizaine année.
