Par Joseph OLINGA N.
Une quinzaine de personnes, selon des sources locales, sont mortes ce 26 avril après avoir reçu des balles tirées par des soldats appartenant aux forces de défense camerounaises. La version véhiculée par des sources administratives évoque un affrontement entre les soldats et des séparatistes dans le village Ndzerem-Nyam. Une version en contradiction avec les témoignages des sources proches du drame.
Joint au téléphone, un habitant de la localité de Jakiri, situé dans le département du Mbui, dans la région du Nord-Ouest explique que
“la vérité dans cette affaire est qu’il s’agit d’un règlement de comptes orchestré par le Fon du village Ndzerem-Nyam.”
Plusieurs sources locales précisent que le chef du village Ndzerem-Nyam accuse celui de Ngouan, une localité voisine d’avoir organisé une cérémonie traditionnelle sur ses terres et sans son aval.
Approché Amadu Tarnteh, activiste réputé dans la défense des droits de l’homme, notamment les victimes de la crise anglophone, confirme que
“Au-delà de la version mentionnant un affrontement entre les éléments des forces armées et des séparatistes présents lors de la cérémonie traditionnelle au cours de laquelle quinze personnes ont été tués par les éléments de l’armée, il y a une affaire de règlement de comptes orchestré par le chef du village Ndzerem-Nyam.”
Citant des sources lui ayants fait des confidences, Amadu Tarnteh explique que les éléments de l’armée camerounaise ont été impliqués dans cette querelle villageoise par le chef du village Ndzerem-Nyam.
Le défenseur des droits de l’homme, Amadu Tanteh a confié à Panorama Papers
“Le Fon de Ndzerem-Nyam accuse son homologue de Ngouan d’avoir organisé une cérémonie traditionnelle sur ses terres, sans son consentement.”
La même source confie que
“Nos sources disent que c’est le Fon de Ndzerem-Nyam qui a appelé les militaires pour leur dire que des ambazoniens organisent une cérémonie dans son village.”
De sources concordantes, de nombreux civils ont été interpellés puis emmené par les éléments des forces de défense. Les mêmes sources indiquent qu’au moins cinq (05) maisons ont été incendié dans le village Ndzerem-Nyam à la suite de ce que de nombreuses sources qualifient de massacres.
