Par Hajer Elina
Dans une correspondance adressée au Premier ministre, Ferdinand Ngoh Ngoh exige la suspension urgente de toute procédure de vente ou de concession des terrains appartenant à l’Irad. Selon son instruction, ces opérations menées ces derniers mois contreviendraient à la mission stratégique de l’institution, chargée de garantir la recherche agricole, la protection des ressources foncières destinées à l’agriculture et la sécurité alimentaire nationale.
Le secrétaire général de la Présidence rappelle que les sites de l’Irad constituent un patrimoine public hautement sensible, essentiel aux programmes nationaux de développement rural, d’expérimentation agricole et de souveraineté alimentaire. Toute réduction de ces superficies compromettrait, selon lui, des décennies d’avancées scientifiques et d’investissements publics.
Cette intervention de Ferdinand Ngoh Ngoh intervient alors que plusieurs organisations professionnelles du secteur agricole, ainsi que des chercheurs, avaient déjà exprimé leurs inquiétudes face à ce qu’ils considéraient comme une « privatisation déguisée » des espaces dédiés à la recherche.
Le Premier ministre est désormais chargé de veiller au strict respect de cette instruction, d’enquêter sur les procédures engagées et de garantir la protection des actifs fonciers de l’Irad. L’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (IRAD) est l’un des piliers de la recherche scientifique au Cameroun.
Ses terrains abritent des laboratoires, des stations expérimentales et des programmes clés sur les semences, l’élevage, les cultures stratégiques et la lutte contre les maladies agricoles. Depuis plusieurs années, des pressions foncières récurrentes fragilisent certains de ses sites, alimentant un débat national sur la protection du domaine public agricole.
