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Cameroun | Révision constitutionnelle: L’opposition alertée sur un projet de succession sans élection

Le projet de création d’un poste de Vice-président, appelé à assurer la continuité du pouvoir sans passer par les urnes, suscite de vives inquiétudes quant à une possible confiscation prolongée du pouvoir et appelle à une mobilisation des forces du changement.

by Panorama papers
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Par Ia Rédaction

Ce sujet de révision de la constitution pour créer un poste de Vice-président, successeur constitutionnel qui achève le reste du mandat sans avoir besoin d’être élu est de la plus haute importance. Le silence actuel des forces du changement sur la question est très dangereux. De mon point de vue, il convient de s’exprimer rapidement sur la question et même d’envisager des mobilisations.

En effet, il s’agit de garantir au régime une continuité dans l’exercice du mandat usurpé le 12 octobre 2025 et de lui donner ainsi le temps de préparer le prochain hold up électoral, qui dans ce nouveau cas de figure n’interviendrait pas avant 2032.
Dans la situation actuelle, avant la fameuse révision, le régime est en difficulté en cas d’empêchement de Paul Biya. Il doit obligatoirement assurer une courte transition et organiser des élections dans un délai de 3 mois. Entre l’organisation du deuil, en cas de décès, la désignation d’un candidat qui doit être prêt pour la campagne électorale, la gestion des contradictions et le choc des ambitions, le régime se retrouverait vite en difficulté. La volonté, voire la rage, du peuple camerounais à le dégager risque d’être incontrôlable. En créant une situation où il ne ferait pas face à la concurrence électorale avant 2032, le régime se donne de l’air et un temps de gestion et de préparation. Il se perpétue sans avoir à concourir. Il espère aplanir ses contradictions internes et réaliser plus aisément, en 2032, le hold up réalisé en 2025. Tel est le dessein du régime. Mais cette partie est loin d’être gagnée.

Tout d’abord le peuple peut engager la contestation de ce scénario. Il faudrait pour cela que les formations politiques, les mouvements citoyens s’organisent immédiatement contre l’éventualité d’une transmission de pouvoir de gré à gré, par un Président qui dit qu’il a été élu, à une personne non élue et qui exercerait le mandat jusqu’au bout. Ceci est une incongruité absolue!

L’autre pan du problème peut se situer au niveau des luttes internes au régime. La désignation d’un Vice-président, successeur constitutionnel, exerçant le reste du mandat, risque d’exacerber les rivalités internes, avec le dépit des déçus. Ceux-ci pourraient chercher des voies de contournement, de la plus minimaliste qui serait de chercher à être le candidat du régime en 2032, à la plus radicale qui serait de tenter de capter le pouvoir le plus rapidement possible, y compris avec l’appui de l’armée.

Les forces du changement ont intérêt à ne pas garder le silence en ce moment. Elles ont intérêt à s’exprimer et à organiser la mobilisation populaire face à ce qui se passe. Peut-être ne réussiront-elles pas à freiner le train lancé; mais elles pourront au moins montrer l’opposition des Camerounais à l’organisation d’une succession de gré à gré et de la perpétuation d’une confiscation planifiée du pouvoir d’Etat.

Au Cameroun, le débat autour d’une éventuelle révision constitutionnelle intervient dans un contexte politique marqué par de fortes tensions depuis l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. L’actuel dispositif prévoit qu’en cas de vacance du pouvoir, le président du Sénat assure l’intérim avant l’organisation d’une élection dans un délai de 90 jours.
Le projet évoqué viserait à introduire un Vice-président disposant du statut de successeur constitutionnel direct, capable d’achever le mandat en cours sans scrutin. Une telle réforme modifierait en profondeur les équilibres institutionnels, en allongeant potentiellement la durée d’exercice du pouvoir sans validation électorale.
Cette perspective alimente des inquiétudes au sein d’une partie de la classe politique et de la société civile, qui y voient un risque de consolidation durable du pouvoir exécutif, mais aussi un facteur possible de tensions internes au sein du régime, notamment autour de la désignation du futur titulaire du poste.

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