Par Léopold Dassi Ndjidjou
Selon Serge Cyrille Atonfack Guemo, l’état actuel du monde, marqué par des divergences croissantes et des confrontations de plus en plus violentes, impose aux pays en développement de revoir leurs stratégies. Pour ces nations, explique-t-il, le moment est venu de consolider leurs acquis et de bâtir leurs ambitions en s’appuyant prioritairement sur leurs propres capacités. L’auteur estime que de nombreux États africains ont longtemps reproduit des modèles intellectuels et économiques venus de l’extérieur, tout en restant dépendants de produits et de systèmes qui ont contribué à l’enrichissement de puissances étrangères autrefois pauvres mais aujourd’hui prospères.
Dans son analyse, l’éditorialiste souligne que les grandes puissances, confrontées à un ralentissement de leur développement, à une démographie déclinante et à l’épuisement de leurs ressources, tournent désormais leur regard vers les pays africains. Ces derniers disposent encore de richesses naturelles et d’un potentiel économique considérable. Pour atteindre leurs objectifs, affirme-t-il, certaines puissances utiliseraient diverses stratégies, allant de la manipulation de l’information à l’encouragement de tensions sociopolitiques. Dans ce contexte, des mouvements revendiquant l’autonomie ou la sécession de certaines parties du territoire seraient parfois instrumentalisés. Serge Cyrille Atonfack Guemo met également en garde contre les divisions internes qui fragilisent les États. Selon lui, certains discours politiques ou idéologiques, parfois hérités de l’époque coloniale, contribuent à alimenter des fractures au sein des sociétés africaines.
Il estime que ces dynamiques servent souvent des intérêts extérieurs, dans la mesure où elles maintiennent les peuples dans une situation de dépendance économique et politique. Pour l’auteur, le Cameroun ne doit pas se laisser enfermer dans ce cycle. Il rappelle que le pays dispose d’un potentiel important pour atteindre l’autonomie alimentaire, développer des capacités scientifiques et construire un véritable tissu industriel et technologique. Une telle évolution ferait du Cameroun non plus seulement un fournisseur de matières premières, mais un acteur compétitif sur le marché international des biens et des services.
Dans cette perspective, il insiste sur la nécessité de renforcer l’unité nationale et de faire du développement une ambition collective. Le Cameroun, rappelle-t-il, a déjà traversé de nombreuses épreuves historiques : traite négrière, colonisation, crises économiques et menaces sécuritaires. Pour lui ,ces expériences doivent servir de leçon et encourager les Camerounais à refuser toute tentative de retour à des formes de domination héritées du passé.
